Cette série de formations vise à initier les participants à l’univers de la production audiovisuelle au Manitoba, dans le but de soutenir une main-d’œuvre francophone en pleine expansion.

Depuis le mois de mai, dix participants d’à travers le Manitoba se familiarisent avec les rouages de la production audiovisuelle grâce au programme NSI Intro to Production – Édition francophone du Manitoba.

Des premières étapes de la préproduction jusqu’aux derniers instants de la post- production, ces cinéastes en herbe se voient offrir les outils indispensables pour les aider à percer dans le milieu, dans leur propre langue.

Conçu en partie par Danielle Audette, responsable des programmes et du soutien aux partenaires chez le NSI, ce programme a été imaginé en réponse aux conclusions qui se sont dégagées lors d’un évènement All Access 365, organisé par On Screen Manitoba.

« C’est à ce moment qu’ils ont mentionné une hausse de 20 % de la production francophone au Manitoba, ce qui démontre vraiment une grosse demande pour du talent francophone dans la communauté », explique-t-elle.

C’est grâce à la présentation de ces statistiques, ainsi qu’à une rencontre fortuite avec la réalisatrice et productrice francophone Danielle Sturk, que ce projet a vu le jour.

Se familiariser avec les rudiments

La première semaine de formation s’est déroulée à la mi-mai.

Les participants se sont rencontrés et ont été initiés aux exigences du programme. C’est lors de cette rencontre qu’ils ont obtenu leur certification au Système d’information sur les matières dangereuses utilisées au travail (SIMDUT).

Ils ont également découvert la formation E.A.C.P. (Engager • Activer • Cultiver Prospérer), un programme numérique gratuit créé par le NSI et le Shine Network.

Ce programme vise à dispenser une formation sur la compétence culturelle autochtone, destinée au secteur de l’audiovisuel. Il est conçu pour préparer les acteurs non autochtones à collaborer à des productions et à des contenus autochtones.

La deuxième semaine de formation, qui s’est déroulée à la mi-juin, a mis l’accent sur le processus de pré production, notamment le travail de distribution des rôles et de scénarisation, ainsi qu’avec les départements d’art, costumes et maquillage.

Danielle Audette considère cette étape comme essentielle pour assurer le bon déroulement d’une production et éviter les conflits.

« Nous avons invité des professionnels travaillant actuellement dans ces services à s’adresser à la promotion. Il était important pour la cohorte d’entendre directement d’eux comment les aborder au mieux, afin de faciliter plus efficacement la collaboration. »

Les participants ont ensuite passé trois jours, du 16 au 18 juin, à acquérir de l’expérience en plateau. Cette partie de la formation a pris place au Théâtre Cercle Molière, où ils se sont relayés aux différents postes techniques de tournage lors d’une scène dramatique.

Quelques autres invités – notamment Jocelyn Forgues, Charles Lavack, Claude Savard, Kevin Bacon et Tatianna Balcaen – ont été sur scène pour fournir une assistance technique et une expertise.

Enfin, ils se sont rendus dans les locaux du Winnipeg Film Group, de la section 856 de l’IATSE et du studio sonore DaCapo, afin de découvrir les différents aspects de la post-production.

Ces visites avaient toutefois un objectif secondaire : présenter aux participants les principaux acteurs du secteur et les encourager à se constituer des réseaux professionnels.

À cet égard, Danielle Audette dit : « Nous ne pouvons pas garantir qu’ils trouveront un emploi à l’issue de ces ateliers, mais ils auront au moins l’occasion de rencontrer des membres de la communauté francophone et des acteurs du secteur au Manitoba. »

Poursuivre les carrières professionnelles

Afin de les encourager à poursuivre leur parcours dans l’industrie, le NSI leur a fourni un cadeau généreux lors de leur visite avec le Winnipeg Film Group : une adhésion à l’organisme pour chacun des participants.

Avec cela, ils auront accès pendant un an au matériel de tournage et à un studio de montage.

« J’espère qu’ils vont commencer par créer un premier collectif de cinéma franco- phone, afin de continuer leur parcours dans l’industrie et entretenir les relations professionnelles qu’ils ont nouées dans le cadre du programme », partage-t-elle.

Qu’en pensent les participants?

L’enthousiasme suscité par ce programme est manifeste chez ses participants. Trois d’entre eux ont été ravis de partager leurs expériences, ainsi que leurs attentes concernant les prochaines étapes de leur parcours, avec La Liberté.

Diplômée de l’Université Saint-Boniface en technologie de l’information, Prudence Mouafo a toujours été intéressée par les médias et les vidéos.

Elle cherchait depuis longtemps des ateliers en français pour tourner ses propres vidéos, mais sans succès.

Grâce aux promotions publiées par le NSI sur les réseaux sociaux, et relayées par le groupe camerounais Sous le baobab, elle a pu enfin trouver l’occasion d’acquérir ces compétences médiatiques.

« J’ai appris à connaître un peu les étapes. Quand je regardais un film, je ne savais pas vraiment comment tout cela se passait. Mais avec la formation, je me rends compte qu’on peut partir d’une idée.

« J’aimerais approfondir davantage mes connaissances dans le domaine du montage. Je vais également essayer de trouver comment m’impliquer dans ce secteur en faisant du bénévolat, quel que soit le poste qui se présentera. »

Sa collègue Houda Belaid a également été renforcée par le programme. L’enseignante d’origine marocaine a toujours été passionnée par le cinéma, en particulier l’idée de transférer un message par l’écran.

Elle s’est d’abord inscrite au programme attirée par la réalisation, mais à travers les formations et les séances, elle a découvert des nouveaux intérêts, tels que le montage et la scénarisation.

Même si elle reconnaît ne s’être jamais intéressée au département artistique, les ateliers consacrés à ce domaine lui ont également permis d’apprécier le travail et les efforts méconnus fournis par ces professionnels.

« C’est vraiment grâce aux invités du programme qu’on a pu aborder autant de sujets. Je me sens beaucoup plus outillée qu’avant, et encore plus prête à apprendre d’autres aspects du domaine. »

L’histoire de Noël Coulibaly, un autre membre de cette cohorte, se déroule de manière similaire.

Un amateur de l’intersection des arts et du cinéma, il se dit ravi d’avoir trouvé le programme sur les réseaux sociaux.

« Quand je regarde des films, la façon dont ils sont écrits et la manière dont les éléments visuels contribuent à raconter l’histoire me fascinent. C’est vraiment l’idée d’apprendre à reproduire cela qui m’a poussé à postuler. »

Son objectif est désormais de réaliser des documentaires, et une idée en particulier ressort maintenant après ces formations.

En tant que nouvel arrivant, il souhaite souligner les enjeux continuels de sa communauté. Être capable de raconter ces histoires est un rêve qui lui paraît de plus en plus accessible.

« Ces formations peuvent faire appel aux communautés de nouveaux arrivants francophones, dont beaucoup souhaitent vivement travailler dans ce secteur, mais s’en trouvent empêchés par la barrière de la langue. »