Air Canada a annoncé mercredi la nomination à sa tête du patron de la compagnie aérienne scandinave SAS pour remplacer Michael Rousseau, poussé vers la sortie par une polémique autour de son manque de maîtrise de la langue française.
Anko Van der Werff, qui prendra ses fonctions fin janvier, a été choisi car il répondait à “un certain nombre de critères de performance, dont la capacité à communiquer en français”, a expliqué la compagnie aérienne canadienne dans un communiqué.
Michael Rousseau, aux commandes du groupe depuis cinq ans, s’était attiré en mars les foudres de plusieurs élus canadiens au sujet d’un message de condoléances quasi exclusivement en anglais, après la mort de deux pilotes de la compagnie dans une collision à l’aéroport LaGuardia de New York.
Le Premier ministre canadien lui-même, Mark Carney, s’était dit “très déçu” par cette communication, estimant que Michael Rousseau avait “manqué de jugement et de compassion”.
Cette polémique avait entraîné quelques jours plus tard l’annonce de sa démission. Il avait alors expliqué être “toujours dans l’incapacité de s’exprimer en français de façon adéquate”, malgré “de nombreuses leçons” de français durant “plusieurs années”.
La controverse née du message de Michael Rousseau illustre les tensions existantes autour de la place de la langue française au Canada. L’Assemblée nationale de la province francophone du Québec avait adopté à une large majorité une motion réclamant la démission du patron d’Air Canada.
Le départ de Michael Rousseau, qui partira à la retraite, sera effectif le 31 août.
Avant de diriger SAS – compagnie qui devrait être contrôlée à 60 % d’ici la fin de l’année par Air France-KLM -, le Néerlandais Anko Van der Werff a dirigé la compagnie colombienne Avianca. Il a également occupé des fonctions au sein d’Aeromexico, de Qatar Airways et de KLM.
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