Les ministres ont notamment mis de l’avant une nouvelle entente entre le Manitoba et le Nouveau-Brunswick ainsi que leur volonté d’améliorer les services en français partout au pays.
La réunion annuelle du Conseil des ministres sur la francophonie canadienne s’est terminée le 26 juin à Winnipeg.
Au cœur de cette rencontre, les leviers de la francophonie dans le développement économique du pays, la rétention des immigrants francophones bilingue, l’accès à la justice en français et, bien sûr, la livraison des services gouvernementaux dans les deux langues officielles.
À l’issue du conseil, une conférence de presse a eu lieu au Fort Garry.
L’on apprenait notamment que le Nouveau-Brunswick, seule province officiellement bilingue, avait signé une entente avec le Manitoba la veille de la conférence de presse. Une information révélée à la suite d’une question posée par nos confrères de Radio-Canada.
C’est Robert Gauvin, ministre de la Sécurité publique et responsable de la Francophonie du Nouveau-Brunswick qui l’annonçait.
« Il s’agit d’une entente qui va aider au niveau de l’éducation, au niveau du développement économique, des charges étudiantes. C’est une ouverture, le désir de faire tomber les barrières interprovinciales et pour démontrer que la francophonie est un vecteur économique. »
Robert Gauvin laissait également entendre que d’autres ententes du genre devraient voir le jour avec l’Ontario et le Québec.
Cette entente illustre l’un des thèmes principaux de ces deux journées : la coopération.
« Le point essentiel, qui ressort de nos rencontres depuis deux jours, est l’importance de la collaboration », a déclaré Glen Simard, ministre des Relations avec les municipalités et le Nord, ministre responsable des Affaires francophones et ministre responsable de la Société manitobaine des alcools et des loteries, du Manitoba.
Marc Miller, ministre de l’Identité et de la Culture canadienne et ministre responsable des Langues officielles du gouvernement du Canada participait pour la première fois au Conseil en tant que ministre des Langues officielles.
« Je tiens à souligner l’importance du travail autour de cette priorité commune : l’amélioration des services en français partout au pays ».
Marc Miller s’est félicité du bilan de mi-parcours du plan quinquennal d’action pour les langues officielles 2023-2028, mais également d’avoir lancé les consultations en vue de la prochaine stratégie.
Il a évoqué trois projets de règlements émanant de consultations tenues au cours de la dernière année.
Le ministre a notamment fait le point sur trois projets de règlements : l’un visant à renforcer le droit de travailler et d’être servi en français dans les entreprises privées de compétence fédérale situées dans les régions à forte présence francophone, un autre portant sur les sanctions administratives accordées à la commissaire aux langues officielles, et un troisième lié aux ententes en matière d’éducation dans les communautés francophones en situation minoritaire.
Il expliquait que l’application et la mise en œuvre de ces règlements font partie des priorités de l’année à venir.
Pour rappel, la Loi sur les langues officielles modernisée a reçu la sanction royale en 2023 et à la question de savoir si une date précise pouvait être attendue au regard de la mise en place de ces règlements, le ministre ne s’est pas prononcé.
En ce qui concerne l’un des sujets principaux de ce conseil, à savoir le renforcement de l’accès aux services gouvernementaux dans les deux langues, Glen Simard faisait savoir que la Province travaille vers de nouveaux plans d’action de 2028 jusqu’à 2033.
« On s’est positionné pour poursuivre les conversations vers la création de ce plan et les plans d’action avec nos ententes entre province et fédéral. Nous savons que le fédéral est ouvert à travailler avec nous et collaborer sur un plan de travail. »
Glen Simard laissait également entendre que la rencontre avait permis d’aborder l’initiative « de faire du Manitoba une province véritablement bilingue », une initiative qu’a saluée le ministre Miller.
« Il faut absolument rêver, on sait ce qu’il s’est passé au Manitoba par le passé. Le combat pour défendre le français vient du Manitoba, il y a un combat historique ici qui se poursuit et il faut oser rêver et mettre en place des mesures pour que le Manitoba soit véritablement bilingue. C’est une décision qui est forte, audacieuse, judicieuse et je salue le premier ministre Kinew à cet effet, il reste des défis de taille. Mais on sera là pour soutenir les provinces qui se prononcent là-dessus. »
Initiative de journalisme local
