Charles Leblanc a mis sa vie au service de la création de structures artistiques, théâtrales et littéraires majeures, dont la communauté francophone du Manitoba se souviendra longtemps.
Il a cofondé des troupes de théâtre, a aidé à la mise en place de l’Association des auteur·e·s du Manitoba français (AAMF) et du volet francophone Livres en fête. Charles Leblanc a aussi participé à la création de la Ligue d’improvisation du Manitoba en 1990.
L’auteur a aussi joué dans une douzaine de pièces au Théâtre Cercle Molière (TCM) ainsi que pour la troupe de l’USB Les Chiens de soleil, dans les années 2000.
Il a également publié une dizaine de livres de poésie, dont le dernier en date allumettes en 2021, aux Éditions du Blé, une maison d’édition qui lui tenait à cœur.
« Je voulais être publié par cette maison. Et ils m’ont toujours inclus dans tout le processus de publication », nous disait-il en 2020.
J.R Léveillé était l’un des amis de Charles Leblanc. Il a participé à la publication de ses ouvrages.
« J’ai eu le privilège d’éditer presque tous ses livres. J’ai fait sa connaissance en publiant en 1984, dans la collection Rouge que je venais de créer aux Éditions du Blé, son premier recueil et le premier titre de la collection, préviouzes du printemps — science-friction pour le temps présent, toujours très actuel à bien des égards. »
Par sa poésie, l’on comprenait quel genre d’humain il était, explique J.R Léveillé.
« Il a donné une poésie dite orale, mais c’est se tromper du travail qu’il y mettait. Oui, c’est une poésie frottée aux usines et aux bars des travailleurs, mais elle n’est jamais vulgaire ; elle est proche des gens, de leurs troubles, de leurs aspirations, qui étaient aussi les siens. Donc une poésie humaine, engagée, au front de la lutte pour la justice et l’égalité sociale. »
Originaire de Montréal, Charles Leblanc s’est installé à Winnipeg en 1978, une ville de la « bonne grandeur » pour lui, affirmait-il en 2020. « Winnipeg m’a offert beaucoup d’occasions de m’épanouir dans le domaine artistique que je n’aurais pas eu à Montréal », confiait-il également.
Charles Leblanc a aussi été célébré pour son travail. Il a été le récipiendaire du Prix littéraire Rue-Deschambault au début des années 2000 pour son recueil de poésie intitulé L’appétit du compteur.
L’Université de Saint-Boniface lui a décerné en 2018 le Prix Alexandre-Taché, qui reconnait une personne ayant contribué à la collectivité francophone du Manitoba.


