Ce samedi 17 octobre en début d’après-midi, lors de la séance spéciale Radio-Canada, le public de Cinémental pourra découvrir les deux premiers épisodes de la série canadienne-française Jumelles, suivie d’une présentation en première manitobaine du court-métrage Qu’est-ce qui est humain à l’ère de l’IA?.

Ce film de 13 minutes est signé Hyppolite N’Guessan. Le réalisateur sera présent avec Christian Dibi, scénariste, monteur et narrateur, ainsi que des membres de l’équipe de production. Tous sont étudiants en communication multimédia à l’Université de Saint-Boniface.

Le projet est né d’un simple devoir de classe, dans le cadre d’un cours.

« C’était un cours qui avait pour but que tout le monde mette ensemble ses capacités pour pouvoir donner le résultat », explique Christian Dibi.

L’IA, un enjeu du quotidien

Hyppolite N’Guessan a alors proposé le thème. Il part d’un constat que les étudiants vivent au quotidien.

« L’IA est partout. On nous demande de ne pas utiliser l’IA, de garder une honnêteté intellectuelle. »

Pourtant, ajoute le scénariste, les futurs professionnels du multimédia doivent maîtriser ces outils.

« C’est quelque chose qu’on est obligé d’apprendre parce que dans le domaine du travail, si on ne sait pas l’utiliser, ça créera un handicap. »

Ce paradoxe crée un climat de stress : « Est-ce qu’on a le droit d’utiliser? Est-ce qu’on n’a pas le droit? »

Cette inquiétude touche aussi les professeurs, qui redoutent de remettre des diplômes à des étudiants trop dépendants de l’IA.

Le message du film tient en une idée : trouver le juste milieu. « On veut sensibiliser les étudiants, les personnes qui travaillent, les professionnels sur le fait que l’IA n’est pas là pour qu’on se substitue à elle. L’IA est là pour nous aider, pour bonifier nos travaux, pour les rendre encore meilleures, mais l’IA n’est pas là pour effectuer notre travail à notre place ».

Détail qui a son importance : le documentaire a été réalisé entièrement sans intelligence artificielle.

« Le documentaire a été fait totalement sans l’IA. J’ai rédigé tout le scénario avec ma propre plume. J’ai fait la voix off du documentaire. »

De toute façon, « on n’a pas l’autorisation en tant qu’étudiant de l’université de la faculté de communication multimédia d’utiliser l’IA dans nos travaux de classe », rappelle Christian Dibi.

Une œuvre pédagogique

Christian Dibi insiste sur la dimension pédagogique de cette démarche. « Le but, c’était de voir si on avait compris tout ce qu’on avait appris pendant nos années d’études. »

Quand les étudiants ont présenté leur travail à leurs professeurs, c’est que l’idée est venue de proposer le film lors de Cinémental.

« C’est quelque chose que je paierais pour aller regarder », avait même lancé l’un des professeurs se souvient Christian Dibi.

Qu’en ressortent les personnes interrogées dans le film? « La méfiance, c’est le facteur prédominant », révèle Christian Dibi.

Il prédit aussi une évolution des mentalités. « Il va falloir penser à peut-être encadrer l’utilisation de l’IA, mais il faudrait que les gens comprennent que l’IA va faire partie des notions d’originalité, des notions de créativité dans quelques années. »

Le court-métrage est à découvrir ce 17 octobre à partir de 13 h dans la salle Pauline-Boutal du Centre culturel franco-manitobain (CCFM).