– Éco-anxiété –

Au cœur de ces troubles émerge le concept “d’éco-anxiété”, décrit comme une “catégorie de préjudices psychologiques liée à la colère et à un sentiment de trahison” face aux événements climatiques violents et aux changements à long terme provoqués par le réchauffement, a expliqué Elizabeth Pinsky.

Le changement climatique “a eu un profond impact sur ma santé mentale” et “je suis passé par toutes les étapes de cette trahison”, a expliqué un autre plaignant, Albert Lalonde, déçu par les revirements du Premier ministre canadien Mark Carney en matière de climat, notamment après le retrait de la taxe carbone ou le feu vert donné à des projets énergétiques.

“Je n’attends juste plus rien des gouvernements”, assure-t-il.

Ces troubles, qui s’étendent parfois “sur des années” selon Elizabeth Pinsky, sont par ailleurs renforcés par les conséquences directes du changement climatique sur le mode de vie de ces jeunes Canadiens, habitués aux grands espaces.

“J’adore passer du temps dehors” et faire du canoë, activité qui m’amène “un profond sentiment de sérénité”. Mais “j’ai souffert d’épuisement en raison de la chaleur”, a décrit Lauren Wright, 22 ans, qui a grandi dans une ferme dans la province de la Saskatchewan (centre).

Amateur de vélo, Albert Lalonde a raconté en faire moins en été depuis des troubles respiratoires liés à “un air très toxique” pendant un épisode de fumées de feux de forêt ayant atteint Montréal.

Leandrea Reeves, une autre plaignante, a elle aussi fait le lien entre sa santé mentale et les fumées des feux de forêt ayant affecté sa ville natale de Whitehorse (nord). “Je me sens assez défavorisée dans ma vie et dans ce que j’ai l’occasion de vivre”, a-t-elle décrit.

– “Profiter de la nature” –

“Tout ce qui empêche (…) les jeunes, et assurément ces plaignants, de passer du temps dehors et de profiter de la nature les prive de ce que nous savons être un bénéfice”, a affirmé devant la cour Elizabeth Pinsky.

Dans un rapport datant de 2022, le ministère canadien de la Santé avait reconnu que le changement climatique touchait “de façon disproportionnée la santé mentale de certaines populations”, dont les jeunes.

Comme au Canada, des centaines d’autres affaires ont été portées ces dernières années ailleurs dans le monde devant les tribunaux afin de contraindre les États à l’action contre le changement climatique, avec des succès retentissants comme en Allemagne, aux Pays-Bas ou en Corée du Sud.

Par la voix de son avocat, le Canada a rejeté à l’ouverture du procès l’imposition de toute nouvelle “obligation”, arguant que le changement climatique était mondial et que l’action du Canada était limitée.

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