Dans la capitale du Nord, où l’industrie minière est présente depuis plus de 60 ans, l’annonce d’une restructuration des activités de la compagnie brésilienne Vale suscite une inquiétude légitime au regard des 700 emplois directement impactés par le projet.

Par Barbara GORRAND

Officiellement, il s’agit d’une suspension des activités « à des fins de maintenance ». Mais dans le secteur minier, tout le monde sait à quoi cet euphémisme fait référence : au début du mois d’octobre, la mine Birchtree de Thompson fermera ses portes. Purement et simplement.

Une mauvaise nouvelle pour la ville, fondée justement suite à la découverte des filons de nickel et leur exploitation par Inco, racheté en 2006 par le numéro deux mondial du secteur, le groupe brésilien Vale.

Comme l’explique le directeur des affaires commerciales de l’entreprise à Thompson, Ryan Land, en 2016, Vale Manitoba Operations a célébré avec fierté 60 ans d’exploitation minière sur le site. « Depuis 1956, nous avons exploité le nickel sans discontinuer, et à l’heure actuelle nous y avons trois mines : Birchtree, T-1 et T-3. En moyenne, cela nous permet de produire plus de 47 kilotonnes (47 000 tonnes, ndlr) de nickel chaque année. »

 

« Notre intention est
de continuer à creuser ce filon
à l’avenir »
Ryan land, directeur des affaires commerciales de Vale

Seulement voilà : avec la baisse continuelle du prix du métal, Vale a décidé de restructurer ses activités dès le mois d’octobre. « Cela présente de nouveaux défis pour nos opérations à Thompson, reprend Ryan Land. En octobre, la mine de Birchtree sera arrêtée, et par la suite, nous allons arrêter d’ici à la fin de l’année 2018 les activités de fonderie et de raffinerie. Ce qui fera passer notre masse salariale d’environ 1 400 employés actuellement à 700. Nous envisageons de compenser cette perte de production en renforçant les activités sur les mines T-1 et T-3. Même si à ce moment-là nous produirons du concentré de nickel. »

Un coup dur pour Thompson, comme l’expliquent les syndicalistes qui avaient déjà obtenu la réouverture de Birchtree lors d’une précédente « suspension pour maintenance ».

Les Ellsworth, le président de la section locale 6166 des métallos, rappelle que l’incertitude des travailleurs par rapport à l’avenir de leur emploi constitue à elle seule un danger supplémentaire. « Il y a beaucoup de stress. Les gars ont du mal à se concentrer, ils se soucient de leur famille, de leur maison… C’est dans ces conditions qu’il peut arriver le pire. C’est pour ça que l’on doit trouver une résolution juste à cette situation le plus vite possible. »

Mais Ryan Land l’assure, cette adaptation économique ne met pas en péril l’avenir de Vale au Manitoba. « Il y a encore une ressource importante dans la ceinture de nickel de Thompson, et notre intention est bien de continuer à creuser ce filon à l’avenir, tant que nous demeurons compétitifs et en accord avec les normes de développement durable. Nous sommes en train de finaliser les installations de chargement du minerai en surface et de moderniser le site de gestion des résidus, afin de pouvoir continuer dans les meilleures conditions possibles nos activités à Thompson. »

Une affirmation qui n’a pas empêché la ville du Nord d’anticiper, et de se tourner vers de nouvelles activités pour pallier le déclin annoncé de l’industrie minière.

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