Le Canada a lancé jeudi sa stratégie nationale sur l’intelligence artificielle (IA), destinée à créer 250 000 emplois en cinq ans et à réduire sa dépendance aux entreprises étrangères, dans un contexte de concurrence accrue et de relations tendues avec les États-Unis.
Le Premier ministre Mark Carney a justifié cette initiative par la lente adoption de l’IA au Canada et les risques qui en découlent pour la souveraineté du pays.
“Nous dépendons fortement de fournisseurs étrangers pour l’infrastructure qui alimente l’IA”, a-t-il déclaré.
“Cela crée de véritables risques que des entités étrangères puissent accéder aux données canadiennes et déployer des produits d’IA qui influencent la vie des Canadiens sans refléter nos valeurs”, a-t-il ajouté, avertissant que “l’IA pourrait être utilisée comme une arme contre nous”.
Baptisée “l’IA pour tous”, cette stratégie prévoit une formation de base à l’intelligence artificielle pour l’ensemble de la population et une accélération de son adoption par les entreprises canadiennes.
Selon le bureau du Premier ministre, le Canada figure parmi les pays du G7 les plus lents à adopter l’IA à grande échelle.
Toutefois le pays peut s’appuyer sur de nouveaux fleurons comme l’entreprise Cohere qui vient d’acquérir la société allemande d’IA Aleph Alpha, donnant naissance à un groupe valorisé à environ 20 milliards $.
“Lorsque nous ne pouvons pas y arriver seuls au Canada, nous nous associerons à des alliés qui partagent nos valeurs”, a déclaré M. Carney, en citant l’exemple de l’Allemagne.
Le cofondateur et PDG de Cohere, Aidan Gomez, a affirmé après les annonces que c’était un “honneur” et une “responsabilité” de faire partie de la stratégie canadienne en matière d’IA.
“Le Canada a vu tant d’idées fleurir ailleurs. Cela doit changer avec l’IA”, a-t-il ajouté.
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