Ce 8 juin se tenait dans la salle du Sénat, à Ottawa, la cérémonie d’installation de la 31e gouverneure générale du Canada, Louise Arbour.
La Liberté s’est entretenue avec François Larocque, professeur titulaire de la Faculté de droit – Section de common law de l’Université d’Ottawa, et Titulaire de la Chaire de recherche sur la francophonie canadienne en droits et enjeux linguistiques.
Entre 2001 et 2002, il a été auxiliaire juridique dans le cabinet de la juge Arbour et a d’ailleurs été invité par la nouvelle gouverneure générale à cette cérémonie d’assermentation.
Selon François Larocque, Louise Arbour est un excellent choix pour ce poste.
« Je ne peux pas penser à une meilleure candidature pour le poste de gouverneur général. Surtout en ce moment, dans l’état de la constitution canadienne, dans l’état du monde, je trouve que c’est une personne qui va bien représenter le Canada, bien représenter la monarchie constitutionnelle que nous sommes, bien représenter aussi les communautés du Canada. »
La bonne personne au bon moment
Née à Montréal, Louise Arbour a étudié au Collège Regina Assumpta et a obtenu son baccalauréat en droit civil à l’Université de Montréal en 1970. Sa formation de juriste sera un atout pour ce nouveau rôle, fait savoir François Larocque.
« C’est un poste qui demeure quand même défini dans la constitution du Canada, il s’agit de la loi suprême du pays, il faut la respecter. C’est une juriste qui comprend ça, qui comprend la portée du rôle. Et comme juriste, je m’attends à ce qu’elle comprenne ce qu’il lui est permis de faire et ce qu’elle ne peut pas faire. Je pense qu’elle va jouer ce rôle à la merveille avec le doigté et la diplomatie que la fonction exige. »
La gouverneure générale représente le Canada à l’occasion de divers évènements et cérémonies qui se tiennent au pays et à l’étranger.
Elle effectue des visites d’État et des visites officielles à l’étranger, et est également la commandante en chef du Canada.
Femme d’action dans sa carrière, ce rôle, souvent protocolaire et symbolique, va amener Louise Arbour à avoir un pas de recul par rapport à certains thèmes. Pour François Larocque, sa grande expérience lui permettra de trouver la bonne distance.
« C’est vrai qu’elle est une personne d’action qui a été par le passé appelée à jouer de grands rôles. On peut penser à ses rôles du Tribunal pénal international, elle a été professeure, juge de la Cour supérieure de l’Ontario et ensuite de la Cour d’appel de l’Ontario. Elle a été haute-commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme.
« Alors, dans son rôle de gouverneur général, il y aura à faire beaucoup de cérémonies, de remises d’honneur et de prix, mais elle doit aussi donner la sanction royale à toutes les lois du Canada, ce qui n’est pas rien, les lois n’entrent pas en vigueur sans cette sanction-là, sans ce geste-là.
« Et c’est elle qui va dissoudre le Parlement et pour le proroger à la fin de chaque session, et donc vous voyez, elle a un rôle parlementaire aussi actif. Alors c’est un rôle, je pense, qui lui convient parfaitement, là où elle est parvenue dans sa carrière. »
Une réputation internationale importante
En tant qu’ancienne procureure en chef du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie et du Tribunal pénal international pour le Rwanda de 1996 à 1999 ou encore représentante spéciale du secrétaire général des Nations Unies pour les migrations internationales de 2017 à 2018, Louise Arbour jouit d’une importante réputation hors des frontières canadiennes.
Ça sera un avantage dans ses nouvelles fonctions, selon François Larocque.
« Je pense qu’en s’entourant d’une personne comme Louise Arbour, le premier ministre Mark Carney envoie le signal que le Canada veut jouer un rôle d’influence, a le talent national pour le faire, et une vision fondée sur des principes qui sont largement partagés entre les pays de la planète. Celui du respect des droits de la personne, celui de la primauté du droit. »
Le parcours de Louise Arbour pourrait à nouveau inspirer François Larocque. En effet, avec Fannie Lafontaine, il a co-dirigé un ouvrage en l’honneur de la nouvelle gouverneure générale intitulé Doing Peace the Rights Way: Essays in Honour of Louise Arbour.
« Avec Fannie Lafontaine, on se disait ça que peut-être il sera temps d’ajouter un nouveau chapitre au livre parce qu’on a tenté de rendre compte et de refléter les différentes fonctions qu’elle a occupées au long de sa carrière.
« On avait arrêté après le mandat de conseillère spéciale au secrétaire général des Nations Unies pour les migrations internationales. Mais là, il y a un autre acte qui vient de s’écrire à la pièce! », conclut François Larocque.

