Le rapport (1) de l’Institut Angus Reid de juin 2026 analyse les taux d’approbation des premiers ministres canadiens à travers le pays.
Wab Kinew maintient une avance de 12 points sur tout autre premier ministre provincial. Son niveau d’approbation est qualifié de « confortable » par rapport à ses homologues qui voient leurs chiffres chuter. Le leader manitobain a même gagné 1 point par rapport au dernier sondage du genre au mois de mars.
Dans le détail des votes, 25 % des Manitobains approuvent « fortement » sa performance, 38 % l’approuvent « modérément ». Son taux de désapprobation est l’un des plus bas du pays, avec seulement 17 % de désapprobation forte et 18 % de désapprobation modérée.
Presque trois ans après la dernière élection générale, Raymond Hébert, professeur émérite en sciences politiques, se dit tout de même surpris de voir la popularité du premier ministre manitobain toujours aussi haute.
« Oui, c’est surprenant en principe, parce que c’est très rare qu’on voie ça, mais je pense qu’il y a plusieurs raisons qui peuvent expliquer sa popularité.
« D’abord, il est un responsable politique très présent auprès de la population, très présent dès qu’il se produit un évènement majeur ou même mineur.
« Par exemple, on le voit en ce moment avec les intempéries, les inondations depuis deux jours au Manitoba, même des tornades. Tout de suite, il était en hélicoptère pour aller voir les dégâts en personne et il a annoncé qu’il était prêt à aider les sinistrés de toutes les façons possibles.
« Je pense que c’est très apprécié par la population, surtout si l’on compare avec sa prédécesseure, Mme Stefanson, qui sortait rarement, quel que soit l’évènement. »
L’Institut Angus Reid signale aussi la prise de position récente lors de la réunion des premiers ministres de l’Ouest de Wab Kinew contre la première ministre albertaine Danielle Smith à propos d’un éventuel référendum de séparation et ses obligations de consulter les Premières Nations.
Raymond Hébert confie qu’il a « probablement qu’il a gagné quelques points » lors de cette séquence.
En politique provinciale, Raymond Hébert revient aussi sur les derniers jours de la séance du printemps de la troisième session de la 43e législature. Ces derniers débats ont été houleux et ont duré nuit et jour, avec comme aboutissement notamment l’adoption du projet de loi 53, Loi d’exécution du budget de 2026 qui supprime, par exemple, la taxe de vente provinciale sur l’épicerie.
« Je ne pense pas que l’Assemblée législative a fait très bonne figure à travers tout ça », dit Raymond Hébert qui renvoie dos à dos les députés conservateurs et néo-démocrates.
« Ce n’est pas surprenant, même au niveau fédéral ou à peu près dans toutes les provinces, on voit ce phénomène-là. En fin de session, il reste quelques jours. L’opposition tente de marquer des points auprès de la population.
« Néanmoins, je ne pense pas que ça affectera la démocratie manitobaine comme telle. »
Les travaux à l’Assemblée législative du Manitoba doivent reprendre à la fin du mois de septembre.
(1) L’Institut Angus Reid a mené ce sondage en ligne du 7 au 11 mai 2026, auprès d’un échantillon aléatoire de 1 803 adultes canadiens, membres du Forum Angus Reid.



