Louis Riel est bien sûr une figure complexe — et même controversée — dans l’histoire du Canada et du Manitoba. C’est précisément cette complexité que la pièce The 7 Lives of Louis Riel cherche à explorer dans cette édition du Winnipeg Fringe Festival.

Écrite initialement par Ryan Gladstone de Monster Theatre, cette version est adaptée par l’équipe de Katie German, Geneviève Pelletier et Cory Wojcik (sous le nom de I, Métis Productions). La pièce présente sept portraits de cette figure historique, chacun portant un style et un genre différent, afin de le présenter selon plusieurs interprétations académiques et culturelles.

« Il y avait des genres dans le texte déjà, mais il y en a d’autres qu’on a introduits nous-mêmes », partage Geneviève Pelletier, qui gère la mise en scène de la pièce.

« Par exemple, on a inclus un style inspiré par les films de Hallmark, car c’est quelque chose tellement emblématique de Winnipeg, qui y sont tournés chaque été. Il y a une section qui est dans le style d’un Western, qui le dépeint comme un criminel, et il y a un autre dans un style de bande dessinée. »

Reconnaissant que Louis Riel suscite des interprétations variées, elle assure que la production abordera chaque aspect avec sérieux – qu’il soit perçu comme un héros, une légende ou un prophète.

D’abord, elle partage que le but de la pièce n’est pas de faire du prosélytisme, mais simplement de proposer un spectacle divertissant mettant en vedette une personnalité métisse reconnue.

« Il n’y a pas de grand message avec cela. C’est plutôt que nous, en tant que Métis, puissions raconter nos propres histoires, et de les raconter à notre manière. C’est pour nous amuser avec notre propre histoire, et pour montrer que le peuple métis est que ne le laisse entendre le récit habituellement présenté. »

« Métisser » le texte

Geneviève Pelletier souligne l’importance de la perspective métisse que l’équipe a pu apporter au texte de Ryan Gladstone, un auteur allochtone.

Afin de « métisser » ce texte, son équipe a inclus plusieurs concepts autochtones pour mieux représenter le personnage principal.

Par exemple, en ce qui concerne la rumeur voulant qu’il ait parlé avec Dieu, l’équipe en a profité pour introduire et explorer l’approche à double perspective pour démontrer son point de vue unique.

Cette approche, introduite par Le docteur Albert D. Marshall de la nation Mi’kmaw en 2004, propose que les peuples autochtones adoptent activement une double perspective sur le monde : l’une fondée sur les traditions autochtones, et l’autre fondée sur les enseignements occidentaux.

« On va rentrer dans certains détails historiques qui ont été racontés d’une certaine façon pendant très longtemps. Et nous, on a décidé de les raconter d’une autre façon. De notre propre façon métisse », souligne-t-elle.

Comme la pièce adopte un ton comique et léger, l’équipe reste ouverte à l’idée de la mettre en scène dans des écoles à l’avenir – et en français.

Cependant, c’est la première fois que Geneviève Pelletier met en scène une production au Fringe, et l’accueil réservé à cette nouvelle adaptation en anglais déterminera si l’équipe poursuivra le projet après sa présentation au festival.

« Le français et le Michif sont toutefois inclus dans la pièce, car les deux langues sont indissociablement liées à la culture métisse. Mais c’est vraiment pour s’appuyer sur l’humour. Je ne pouvais pas le faire totalement en français cette fois, car je travaillais avec une équipe anglophone. Alors, peut-être la prochaine fois ! »

The 7 Lives of Louis Riel sera présenté sur la scène principale Cherry Karpyshin du Prairie Theatre Exchange, du 15 au 26 juillet.