Par Chelsea HOWGATE et Camille HARPER
Ces subventions s’inscrivent dans le cadre d’un programme mis en place par le ministère de l’Éducation.
Les élèves de trois écoles de la Division scolaire franco-manitobaine (DSFM), l’École Saint-Joachim de La Broquerie, l’École régionale Saint-Jean-Baptiste et l’École Passages des Hivernants dans le quartier Sage Creek de Winnipeg, ont des raisons de célébrer à l’approche de la rentrée scolaire 2026-2027 : la DSFM a annoncé le 27 août que leurs écoles avaient obtenu des fonds pour construire ou rénover leurs terrains de jeux.
Au total, la DSFM a reçu 209 900 $ pour ses écoles du gouvernement du Manitoba dans le cadre de son initiative « Fonds destiné à de nouvelles structures de jeux pour enfants et la collectivité en santé ».
L’École Saint-Joachim a reçu 35 000 $ et l’École régionale Saint-Jean-Baptiste, 74 900 $. Des fonds qui leur permettront de remettre à neuf leurs aires de jeux vétustes.
Pour sa part, l’École Passages des Hivernants figure parmi les cinq nouvelles écoles qui ont obtenu 100 000 $ afin de construire un tout nouveau terrain de jeux.
Cette initiative, qui fait partie du budget provincial de 2026-2027, prévoit une enveloppe de 3 millions $ à accorder aux écoles de la province pour la construction, la rénovation et l’entretien de leurs terrains de jeux
Près de 75 % des frais requis pour ces travaux seront couverts par le gouvernement, jusqu’à concurrence de 100 000 $.
L’annonce officielle du ministère souligne que 43 projets de terrains de jeux à travers la province vont être soutenus grâce à ces fonds.
Un financement longtemps attendu
Alain Laberge, directeur général sortant de la DSFM, confie que ce financement était très attendu.
Les nombreuses inspections annuelles des terrains de jeux des écoles de la DSFM l’ont maintes fois démontré.
« Plusieurs de nos écoles ne peuvent pas construire ces terrains par eux-mêmes, alors le ministère a envoyé une grille en demandant à chaque division scolaire de mettre sur papier leurs cinq écoles qui en avaient le plus besoin. »

Les terrains de jeux construits dans les années 1980 et 1990, en particulier, font aujourd’hui état d’une usure notable, et ne sont pas accessibles aux élèves en situation de handicap.
« On a certaines écoles qui ont commencé à 200 élèves, mais qui sont maintenant rendues à 400 élèves et n’ont ni augmenté la taille de leurs structures, ni le nombre. Donc il y a plus d’élèves dans les cours d’écoles, mais pas plus de structures. »
Rachel Foidart, la directrice fondatrice de l’École Passages des hivernants, confirme que son école, qui a ouvert ses portes à la rentrée scolaire 2025, a passé sa première année d’existence en ne pouvant proposer que très peu d’activités de plein air à ses élèves.
« On est très excité de pouvoir poursuivre avec la planification d’embellissement de la cour d’école, dit-elle. On a été créatif pour offrir aux élèves différentes façons de s’amuser dehors cette année, mais ces sommes vont grandement contribuer à ce que les élèves puissent s’amuser, être en bonne santé et créer des connexions. »
Un investissement de 50 000 $ de la part de la Ville, annoncé le 9 mai dernier, avait déjà permis d’installer de nouveaux paniers de basket, des balançoires et un auvent destiné à ombrager une future salle de classe en plein air, mais Rachel Foidart et son équipe ont encore bien d’autres idées pour développer leur cour d’école.
Le calendrier proposé
Le ministère demande que tout l’argent accordé dans le cadre de ce programme soit dépensé d’ici la fin mars 2027.
Cependant, Alain Laberge anticipe avoir besoin de plus de temps pour terminer les travaux, en raison des températures hivernales qui rendront difficile la poursuite des travaux de rénovation et de construction.
Il estime également que la situation géopolitique et économique contribuera à retarder le processus.
Avec le boycott des produits américains, la DSFM, qui privilégie déjà depuis plusieurs années les entreprises canadiennes, s’attend à une plus forte concurrence, et donc de plus longs délais et des coûts plus élevés.
« Étant donné qu’on est une division scolaire provinciale, on est déjà en contact avec des entreprises du rural plus petites et locales, moins connues que celles de Winnipeg. Au moins, on a eu cette chance-là pour nos écoles rurales.
« Mais les demandes de construction vont exploser grâce à cette annonce, et donc ces petites entreprises vont vouloir être compétitives au niveau du prix. Si elles gagnent des appels d’offres dans toutes les autres divisions scolaires, c’est là que ça peut nous causer des problèmes. »
Rachel Foidart partage ses préoccupations, ajoutant que « les structures de jeux de nos jours sont très coûteuses, alors c’est évident qu’on aura besoin d’un gros montant supplémentaire pour venir en appui à la planification. »
Alain Laberge note que les fonds requis restants viendront de plusieurs sources, y compris des budgets de la DSFM, ainsi que de collectes de fonds historiquement gérées par les parents dans les communautés scolaires concernées.
Il partage également avoir fait une demande de prorogation au ministère, ce qui permettrait idéalement d’achever les travaux en juin 2027 si la concurrence pour les demandes de construction est trop forte.
Pour le moment, aucune annonce n’a été faite quant à la possibilité que ce programme soit reconduit dans le budget provincial de 2027-2028.
Il souhaite le voir revenir au cours de la prochaine année fiscale, afin de s’assurer que les autres écoles de la division qui auraient besoin de ces fonds du gouvernement aient la chance d’en bénéficier elles aussi.
Il espère également que les communautés continueront de recueillir des fonds pour ces terrains de jeux d’ici là.
