Cette distinction, la deuxième du genre après Le soleil du lac qui se couche en 2003, J.R. Léveillé l’accueille avant tout comme une victoire collective.

En effet, l’auteur explique que sa première réaction a été le bonheur partagé : « Ma réaction, c’est que j’ai été ravi pour tous les poètes qui figurent dans cette anthologie. »

Conçue avec la collaboration de Marie-Diane Clarke, Eileen Lohka, Amber O’Reilly et Claudine Potvin, cette anthologie rassemble, pour la première fois, la poésie francophone contemporaine de l’Ouest et du Nord-Ouest : Alberta, Colombie-Britannique, Manitoba, Nunavut, Saskatchewan, Territoires du Nord-Ouest, Yukon.

Une vitrine pour poètes

Pour rappel, l’anthologie récompensée, publiée en 2024 aux Éditions du Blé, compile plus de 200 poèmes et met en lumière 71 poètes.

Selon l’auteur franco-manitobain, ce prix vient solidifier la vision fondatrice de son recueil : « Ça vient confirmer pour moi l’idée du projet, c’est-à-dire donner une vitrine, une tribune à tous ces poètes de l’Ouest canadien parce que la littérature de l’Ouest et du Nord-Ouest se rend rarement dans les grandes capitales ou les grandes villes de l’Est comme Toronto, Ottawa, Québec, Montréal, même Moncton. »

Cette publication joue un rôle d’encouragement précieux, notamment pour la relève.

L’auteur souligne : « Lorsque des poètes en herbe voient que d’autres sont publiés, mais qu’ils reçoivent une espèce de consécration du fait qu’ils figurent dans une anthologie, je pense que c’est encourageant pour les jeunes et moins jeunes poètes. C’est pour toutes ces raisons que l’anthologie sert à plusieurs fins. »

De plus, cette œuvre a une portée plus large, selon J.R. Léveillé.

À travers les préfaces de l’anthologie, « on se rend compte que l’histoire du fait français dans l’Ouest canadien est variée. Elle n’a pas toutes les mêmes origines. Les gens qui se penchent sur cette anthologie découvrent non seulement de la poésie, mais je pense qu’ils découvrent aussi l’histoire de la langue française, du développement du fait français dans l’Ouest et dans le Grand Nord canadien. »

Cette récompense du Prix littéraire Rue-Deschambault s’inscrit dans le cadre du retour des Prix du livre du Manitoba, qui étaient absents depuis 2024.

J.R. Léveillé s’en réjouit profondément : « d’abord, le fait que le gouvernement du Manitoba ait resubventionné trois des prix, cela montre le gouvernement actuel prend à cœur la culture, dans toutes ses variétés. »

L’écrivain tient également à féliciter ceux qui ont su ressusciter ces prix. « C’est une valorisation de la culture au Manitoba », lance-t-il.

J.R. Léveillé se garde occupé

Loin de s’arrêter, J.R. Léveillé reste très actif. Il a notamment travaillé à la publication d’un livre d’art de Bernard Mulaire.

« Il est peut-être moins connu de la population franco-manitobaine en général mais c’est lui qui est derrière les premières galeries d’art, les premières expositions d’artistes franco-manitobains », rappelle J.R. Léveillé.

En parallèle, la création littéraire se poursuit : « Je travaille à un roman qui s’appelle S.F.M. Je n’en dis pas plus, mais l’on peut imaginer de quoi il s’agit. C’est vraiment un roman, c’est une fiction », tient-il à préciser.

Il ajoute à cela quelques projets autobiographiques et des conférences.