Le groupe de violon métis, les Cordes à danser, est de retour pour la saison 2026-2027.

Grâce à un financement de 30 000 $ de Patrimoine canadien, il aura l’occasion d’accueillir de nouveaux élèves et enseignants, ainsi que de financer d’autres projets visant à assurer l’avenir de l’ensemble.

Le violon est l’un des éléments centraux de la musique métisse traditionnelle, ce qui lui confère une place de choix dans le paysage musical manitobain.

Il s’agit d’une tradition soutenue au fil de plusieurs générations, qui se poursuit encore aujourd’hui grâce à des groupes comme les Cordes à danser, fondé en 2011.

Aujourd’hui, Nicolas Messner, membre du comité organisateur des Cordes à danser, annonce que la saison 2026-2027 pourrait être l’une des plus importantes de l’histoire de l’ensemble, grâce à un financement de 30 000 $ de Patrimoine canadien.

Il indique que les fonds seront répartis entre plusieurs projets, dont le principal est une série de quatre ateliers gratuits de violon pendant l’automne 2026.

Ces ateliers sont destinés à des jeunes qui démontrent de l’intérêt pour le violon, mais qui manquent d’expérience avec l’instrument, afin de leur enseigner les principes fondamentaux du violon et de la musique métisse.

Chacun sera dirigé par un violoniste professionnel différent. Nicolas Messner explique que cette approche permet aux participants de découvrir différentes approches musicales, tout en contribuant à prévenir l’épuisement professionnel des instructeurs.

Parmi ces instructrices figurent Sylvie et Stéphanie Reimer, Saja et Véronique Demers.

« Ce sont de super bonnes violonistes avec beaucoup d’expérience à enseigner, alors je crois qu’elles vont être fantastiques », déclare-t-il, ajoutant qu’il a également hâte d’entendre leurs perspectives.

Les enseignants de l’avenir

D’autres sommes provenant de ce fonds serviront au recrutement de nouveaux enseignants, parmi un bassin composé à la fois de professionnels établis au Manitoba et de diplômés que les organisateurs estiment prêts à commencer à enseigner.

« On va faire deux séances à part des ateliers par Zoom, où on va accueillir des jeunes qui aimeraient enseigner le violon et leur enseigner comment enseigner », souligne Nicolas Messner.

Il souligne que ses collègues et lui possèdent tous de l’expérience en enseignement de la musique. Lui-même enseigne actuellement à la Division scolaire franco-manitobaine.

Cette expérience leur permettra de transmettre diverses compétences pédagogiques et des approches éducatives aux aspirants enseignants.

Il espère que ces séances permettront non seulement d’accroître le nombre d’enseignants au sein du groupe, mais aussi d’encourager davantage de jeunes à poursuivre un parcours en enseignement de la musique, car, selon lui, « on voit qu’il n’y a pas assez d’enseignants de musique francophones au Manitoba ».

Au-delà des ateliers

Toutefois, ces fonds serviront à plus que simplement faciliter le recrutement. Nicolas Messner précise que ces ateliers ne seront pas tant des leçons de violon rigides que des occasions de rassemblement pour les jeunes.

En tant que tels, les fonds permettront de garantir la réservation de l’espace, ainsi que l’achat de collations et de boissons pour les participants.

« On veut que ça soit un évènement amusant pour les élèves. Donc, il y aura des goûters, des petites activités éducatives, des jeux et des brise-glaces, juste pour qu’on s’amuse et qu’on crée une communauté de violoneux », explique-t-il.

« De plus, il y a un sentiment d’appartenance incroyable quand une trentaine de personnes se réunissent pour jouer la même chanson. Ton cœur grossit, c’est un très beau son, puis tu réalises que ce n’est pas juste toi qui joues. On veut leur faire ressentir une appartenance, pas seulement aux Cordes à danser, mais à la communauté francophone. »

Des ceintures fléchées et des lutrins de musique font également partie des articles qui seront achetés afin d’assurer la pérennité du programme.

Un dernier volet de ce projet que Nicolas Messner souhaite réaliser grâce à ces fonds consiste en la création d’un recueil de chansons rassemblées et transcrites par les organisateurs du groupe.

Ce recueil, qui propose des arrangements musicaux à la fois traditionnels et faciles à apprendre, sera reproduit et imprimé pour être distribué aux participants des cours.

Quant à savoir si ces recueils seront disponibles à l’achat au-delà du groupe, il explique que cette idée fait actuellement l’objet de discussions parmi les membres.

Bien que les organisateurs aient envie de vendre des copies au public, notamment aux violonistes en herbe à travers la province, il n’y a pas encore de plan concret concernant leur distribution, ni de prix établi.

La relève des violonistes

Tous ces efforts, précise Nicolas Messner, seront entrepris dès cette année afin d’assurer la pérennité du groupe et, par conséquent, celle des traditions métisses.

Même si rien ne garantit que l’ensemble recevra le même financement après cette année, il souhaite que les sommes obtenues soient utilisées et réparties de manière à ce que les futurs participants puissent continuer à profiter des nouvelles ressources, notamment des enseignants et des recueils de musique.

« On espère que dans dix ou quinze ans, ces jeunes violonistes seront sur l’estrade au Festival du Voyageur ou à Folklorama », partage-t-il.

Mais les participants n’ont pas besoin d’attendre si longtemps pour présenter leur musique. Il espère que les jeunes musiciens pourront présenter ce qu’ils ont appris lors des leçons et des ateliers pendant le Festival du Voyageur l’hiver prochain.

Bien qu’ils ne se produiront pas nécessairement au festival lui-même, il encourage les festivaliers à assister aux spectacles hors du site, y compris ceux des Cordes à danser, afin de découvrir une plus grande diversité de musiques et de manifestations culturelles métisses.

« J’avais près de 18  ans quand j’ai vraiment commencé à jouer du violon traditionnel au Festival du Voyageur et à Folklorama. Je voyais que j’étais fier de cette musique, et je voyais aussi que c’était rare. Enfin, je voyais l’importance de continuer.

« Ça fait partie de la raison pour laquelle on a créé ce groupe. C’est d’assurer que cette tradition continue pour plusieurs générations. »

Le prochain atelier gratuit se déroulera ce 2 novembre au Centre culturel franco-manitobain.

Les jeunes intéressés âgés de 6 à 16 ans sont encouragés à se présenter à l’improviste.

L’appui de la Société Violon et Danse de la Rivière Rouge

Fondée en 2023 par Phil Hutlet, Patti Kusturok, Kaitlyn Kurtk et Olivia Kelly, la Société Violon et Danse de la Rivière Rouge est un organisme bilingue à but non lucratif qui vise à « promouvoir l’éducation, pour tous les âges, sur le thème du violon et de la danse traditionnels de la région de la rivière Rouge, dans la province du Manitoba, ainsi que de préserver la culture unique associée à sa musique, à sa danse et à ses traditions, et de sensibiliser davantage le public à cette forme d’art unique ».

Nicolas Messner, qui siège au conseil d’administration de la société, annonce que les Cordes à danser font désormais partie de l’organisme.

Cette intégration permettra de développer son volet francophone tout en donnant au groupe accès à davantage de ressources.

« On a décidé que, comme société à but non lucratif, on pourrait prendre en charge les Cordes à danser, pour assurer que ça puisse continuer. Et cette décision a déjà beaucoup aidé », se réjouit-il.