Une image vaut mieux que mille mots, mais que se passerait-il si ces mots étaient aussi des blagues? C’est le pari de J’aime les mots, ce concours annuel numérique qui s’étend du 25 septembre au 23 octobre.

Conçu en 2018 pour les Journées de la culture au Québec, il rassemble des organismes de patrimoine et de culture, qui préparent une sélection de photos tirées de leurs archives.

Celles-ci sont ensuite présentées aux équipes formées d’élèves des écoles françaises et d’immersion, qui choisissent leurs préférées ou, plus spécifiquement, celles qui présentent le plus grand potentiel comique.

Les participants créent ensuite, avec leurs camarades de classe et pendant une semaine, des mèmes en ajoutant aux photos des légendes comiques qui les imaginent comme des réactions aux réalités quotidiennes, aux affaires scolaires ou à l’état du monde moderne.

Enfin, chaque vendredi d’octobre, un parrain ou une marraine invité·e sélectionne cinq finalistes. Ces mèmes sont partagés sur Facebook, accompagnés de commentaires expliquant ce choix.

Émilie Pigeon, directrice générale de la SHSB, a participé à la sélection des photos d'archives.
Émilie Pigeon, directrice générale de la SHSB, a participé à la sélection des photos d’archives. (photo : Marta Guerrero)

Des photos qui inspirent les élèves

« C’est vraiment le fun de voir l’imagination des élèves, juste à partir d’une photo. Ils ne connaissent pas le contexte, mais ça leur permet de s’exprimer d’une manière humoristique », se réjouit Jennifer Marcheterre, responsable des dons, des communications et des projets spéciaux de la Société historique de Saint-Boniface (SHSB).

La SHSB est l’une des trois organisations participantes ne représentant pas le Québec, aux côtés des Archives publiques de l’Ontario et du Musée royal de la Colombie-Britannique.

Dans ce processus, Jennifer Marcheterre fournit entre douze et quinze images des archives du Centre du patrimoine, dont Émilie Pigeon, directrice générale de la SHSB, fait une sélection de cinq.

Ces photos montrent en général la vie quotidienne des Franco-Manitobains au fil des décennies et proviennent de partout dans la province, y compris des régions rurales.

Lorsqu’un mème gagnant s’appuie sur l’une d’elles, la société d’histoire est mentionnée comme source de la photo.

Il n’y a pas de prix à gagner pour les mèmes sélectionnés, mais Jennifer Marcheterre estime que le concours n’en est pas moins gratifiant.

Elle éprouve toujours un sentiment de fierté lorsqu’une photo de la SHSB est retenue. L’édition 2025 avait d’ailleurs été un succès pour l’organisme car ses photos avaient inspiré le deuxième plus grand nombre de mèmes parmi les douze organismes participants.

« Ce sont nos images qui ont inspiré un si grand nombre d’élèves, puisqu’il y a eu plus de mèmes générés à partir de ces images-là. On était vraiment contents d’apprendre ça », s’exclame-t-elle.

Bien que certaines photos se prêtent mieux que d’autres à l’humour, elle souligne que l’objectif n’est jamais de dicter aux élèves le type de mèmes à créer.

Exprimer sa créativité

Il s’agit plutôt de leur donner un aperçu d’une époque qui leur est peu familière, ainsi que l’occasion d’explorer, de nourrir et d’exprimer leur créativité.

« Ça fait vraiment partie de notre mission de rayonnement et de partage des connaissances. Davantage, ça nous permet de rejoindre un jeune public, puis de les mettre en contact avec des archives. Ce n’est pas tous les jeunes qui peuvent accéder à des archives dans leur quotidien, et l’activité aide à développer leur esprit critique historique d’une façon accessible. »

Parmi les photos soumises cette année figurent quelques images prises initialement pour d’anciennes éditions de La Liberté, en particulier un char de défilé avec des grenouilles à Saint-Pierre-Jolys, ainsi qu’une foule s’amusant au Festival du Voyageur en 1996.

Elle s’amuse surtout en évoquant une photo de La Liberté représentant un « jeune habillé un peu marinier, portant un uniforme bleu avec des lignes blanches, puis un petit chapeau, qui saute avec des drapeaux dans les mains », et avoue avoir hâte de voir comment elle sera utilisée.

« On trouve que c’est vraiment une belle initiative pour valoriser les archives et les faire découvrir aux jeunes. C’est vraiment ce qu’on aimerait partager de notre côté, et on invite également le public à s’amuser en découvrant les archives! »