Candidat à la mairie de Winnipeg, Brad Gross veut proposer une nouvelle direction à la Ville.
Sécurité, efficacité administrative et développement touristique figurent parmi les priorités de l’agent immobilier.
Habitué des campagnes électorales, il tente une nouvelle fois de se faire élire après plusieurs défaites.
Agent immobilier ayant vécu dans plusieurs grandes villes, Brad Gross a choisi Winnipeg comme domicile.
Aujourd’hui, il est candidat à la mairie pour y amener sa vision à long terme.
Ce n’est toutefois pas sa première campagne électorale. Candidat à la mairie en 2010, il avait obtenu 1,6 % des voix.
Il s’était ensuite présenté aux élections provinciales de 2011 sous la bannière du parti libéral du Manitoba dans Saint-Boniface, puis avait tenté sans succès de se faire élire conseiller municipal en 2014, 2018 et 2022.
« J’ai toujours aimé Winnipeg. La ville a toujours eu des défis. Donc, au lieu de me plaindre sur ce qui ne va pas, je préfère faire quelque chose pour le bien de la communauté. »
Pour Brad Gross, l’idée de se porter candidat à la mairie vient d’un sentiment qu’il manque un plan à long terme au sein de l’administration municipale.
Il cite notamment les décisions concernant le transport en commun, qu’il juge incompatibles avec les besoins des aînés et les autres options de mobilité.
« On a l’impression que la ville arrache les rues, qu’on ne peut plus se stationner au centre-ville, que les aînés sont laissés pour compte avec un système d’autobus qui ne fonctionne pas pour eux, et que la Ville ne les écoute même pas. C’est comme s’ils étaient devenus insignifiants, alors que ce sont eux qui ont bâti cette ville. »
Mettre fin à la violence
Il admet que les défis de la ville de Winnipeg sont semblables à ceux des autres grandes villes au pays.
« C’est possible d’investir dans le centre-ville comme l’a fait la ville de Calgary. Calgary avait de grands problèmes avec certains secteurs mais ils ont tout nettoyé pour rendre ça beau et maintenant les touristes s’y plaisent. »
Bien qu’il juge possible de s’attaquer aux problèmes de drogues et de criminalité, la violence demeure selon lui le principal obstacle au développement de Winnipeg.
« On a cette violence gratuite que l’on doit absolument faire cesser. Personne ne sait vraiment d’où elle vient et c’est un vrai problème. On doit donc commencer par mettre plus de policiers dans la rue et rendre les gens confortables dans leur ville. »
Son objectif n’est toutefois pas simplement d’augmenter les effectifs, mais de les utiliser différemment.
« Il faut une utilisation plus efficace des ressources. Les policiers doivent être dans les rues, pas derrière un bureau. C’est la même chose à l’Hôtel de ville : nous devons être plus efficaces. Moi-même, je dois l’être. »
Quotidiennement, dans le cadre de son travail d’agent immobilier, il affirme constater la dégradation de la sécurité.
« Je dois me promener un peu partout dans la ville et ce que je remarque c’est que ce n’est plus le problème d’un seul secteur. Le vandalisme est rendu partout, cela affecte le bien-être de nos commerçants. »
Sur le long terme, il juge que c’est ce qui nuit le plus au développement de la ville.
« C’est pour cela que de plus en plus de personnes veulent partir ailleurs, s’éloigner de la ville pour opter pour des endroits comme Ouest Saint-Paul ou Niverville. Finalement, ce sont des revenus et des payeurs de taxes que la ville perd. »
Miser sur le tourisme
Au-delà de la sécurité, Brad Gross veut aussi miser davantage sur le tourisme pour stimuler l’économie locale. La proximité du Manitoba avec les États-Unis lui apparaît comme une occasion à exploiter.
« J’ai une vision de ce qui pourrait aider la ville. Nous sommes si près du Minnesota, de Fargo et du Dakota du Nord. Je pense qu’il faut faire davantage de promotion touristique. »
Il propose notamment de développer un grand parc aquatique et de faire revenir un bateau à aubes sur la rivière.
Il souhaite également aménager un quai bordé d’un hôtel et de commerces le long de la rivière.
En termes de logement, le candidat propose une mesure particulièrement sévère envers les propriétaires de bâtiments vacants.
Il voudrait imposer une taxe équivalant à dix fois la taxe foncière chaque mois jusqu’à ce qu’un permis de construction soit obtenu pour rénover le bâtiment.
À défaut, la Ville pourrait, selon sa proposition, reprendre la propriété, la rénover, puis la louer ou la vendre au prix du marché.
« L’argent généré aiderait à financer d’autres secteurs », soutient-il.
Un coach à l’Hôtel de ville
Père de famille, Brad Gross affirme qu’il est fier d’avoir choisi la Ville de Winnipeg comme endroit pour s’y installer.
« Il y aura toujours plus de positif que de négatif. Il y a de bonnes possibilités de développement et je suis confiant que c’est un bon endroit pour l’avenir de ma famille.
Pour ce faire, il souhaite ramener la rigueur à l’Hôtel de ville.
« On se demande toujours pourquoi il y a un manque de moyens. C’est qu’ils n’ont pas les priorités au bon endroit, ils préfèrent dépenser en pistes cyclables plutôt que de réparer les routes. »
Il affirme que son succès dans le secteur de l’immobilier prouve qu’il est la bonne personne pour reprendre les rênes de la ville.
« J’ai toujours été bon pour mener plusieurs projets à la fois. Avec moi, les choses bougent, j’aime faire bouger les choses. »
Vice-président d’un organisme à but non lucratif, Brad Gross est également un ancien entraîneur de hockey.
« J’ai toujours poussé mon équipe vers le haut et c’est ce que je compte faire à la mairie, avec les employés de la ville et les gens qui y vivent. »
En 2014, alors qu’il était candidat au conseil municipal de Saint-Boniface, Brad Gross avait été critiqué pour avoir partagé sur Twitter des images jugées sexistes et dégradantes. L’affaire avait été rapportée par La Liberté.
Interrogé à l’époque par le Winnipeg Free Press, il avait minimisé la controverse, affirmant avoir trouvé ces images amusantes et ne pas avoir voulu offenser.


