Intitulé Maîtres chez nous, dans sa version française, ce plan répond aux bouleversements géopolitiques, commerciaux et technologiques mondiaux.

Il expose une stratégie économique globale axée sur le renforcement de la souveraineté nationale, la croissance financière et le bien-être des citoyens.

« L’heure est grave. Les Canadiens le savent. Notre nouveau gouvernement le sait. La situation exige un plan ambitieux qui nous permettra d’être maîtres chez nous », a déclaré François-Philippe Champagne, dans son allocution. 

Parmi certains des chiffres clés à retenir, le déficit fédéral est estimé à 62,3 milliards $ en 2026-2027 et à 62,5 milliards $ en 2027-2028.

Il baissera ensuite à 57,6 milliards $ en 2028-2029, puis à 53,4 milliards $ en 2029-2030. Le déficit atteindra finalement 52,9 milliards $ en 2030-2031.

Au niveau fédéral, le ratio du déficit au PIB diminuera de 1,8 % en 2026-2027 à 1,3 % en 2030-2031. Pour l’ensemble des gouvernements, ce ratio s’établit à 2,5 % en 2026, soit l’un des plus faibles du G7.

« Grâce à une gestion rigoureuse des finances publiques, le Budget de 2026 nous garde sur la bonne voie pour respecter nos deux cibles budgétaires : équilibrer les dépenses de fonctionnement courantes et les revenus d’ici 2027-2028, soit un an plus tôt que prévu; et maintenir le ratio du déficit au PIB sur une trajectoire descendante, tout en débloquant tout le potentiel de croissance du Canada », souligne François-Philippe Champagne.

Dette publique, PIB et « supercycle d’investissement »

Le ratio de la dette fédérale au PIB s’établit à 39,9 % en 2026-2027. Il touchera un sommet de 40,4 % en 2028-2029 avant de fléchir à 40,1 % en 2030-2031.

À 9,3 % du PIB en 2026 pour l’ensemble des gouvernements, la dette nette demeure la plus faible du G7.

« Notre situation financière est la plus solide du G7 : nous avons le plus faible ratio de la dette nette au PIB du G7 et nous devrions nous classer au deuxième rang du G7 pour la croissance en 2027 », affirme François-Philippe Champagne.

La croissance du PIB réel est estimée à 1,0 % en 2026 et à 1,7 % en 2027. Elle progressera à 2,0 % en 2028 et en 2029, avant de s’établir à 1,9 % en 2030.

Le PIB nominal est projeté à 3 427 milliards $ en 2026. Cette hausse de 5,6 % repose sur l’inflation du PIB et les prix des ressources. Le PIB nominal atteindra ensuite 3 975 milliards $ d’ici 2030.

« Au cœur de cette réforme se trouve la nouvelle Mégadéduction à la productivité, qui stimulera le supercycle d’investissement au Canada. Les entreprises, grandes et petites, pourront déduire immédiatement le coût total de la plupart de leurs nouveaux investissements. Au cours des 10 prochaines années, cette mesure devrait permettre d’accroître la capacité de production au Canada, d’ajouter environ 22 milliards $ par année au PIB et de soutenir jusqu’à 80 000 emplois », explique François-Philippe Champagne.

Face aux droits de douane américains, 44 milliards $ soutiennent aussi les travailleurs et les entreprises.

La Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) exprime sa « grande déception » après la présentation de ce budget.

« Même si l’on annonce à nouveau la Mégadéduction et que l’accent est mis sur les mégaprojets, les propriétaires de petites entreprises trouveront le budget 2026 extrêmement décevant », a déclaré Dan Kelly, président de la FCEI.

« Si vous êtes propriétaire d’une petite entreprise et que vous luttez pour maintenir votre activité face à la hausse rapide des coûts et à une guerre commerciale, ce budget ne vous apportera absolument aucune aide.

« Les propriétaires de petites entreprises attendent des réductions d’impôts et un allègement des droits de douane, mais le budget ne prévoit ni l’un ni l’autre.

« Les petites entreprises dont le chiffre d’affaires est inférieur à 1 million $ ne sont admissibles à aucun des programmes de soutien tarifaire existants, alors même que le Canada a perçu plus de 14 milliards $ de recettes provenant des contre-droits de douane », a ajouté Dan Kelly.

En revanche, la FCEI souligne plusieurs mesures de simplification fiscale qui s’inscrivent dans la lignée d’annonces précédentes visant à réduire la charge administrative de 2 $ pour chaque dollar de nouveaux coûts réglementaires.

L’organisme salue aussi l’Incitatif à la croissance du Canada qui prévoit une exonération « prometteuse » de 15 millions $ sur les plus-values qui, « si elle est bien conçue, pourrait constituer un catalyseur important pour les investissements dans les petites entreprises. »

Coût de la vie, logement et souveraineté

« Le Budget de 2026 prévoit de nouvelles mesures totalisant plus de 22 milliards $ sur cinq ans pour alléger le fardeau financier quotidien des Canadiens. Cet hiver, grâce au nouveau supplément de l’Allocation canadienne pour l’épicerie et les besoins essentiels de 2027, plus de 12 millions de Canadiens verront leur allocation bonifiée de 50 %, ce qui représente une aide supplémentaire de 4,1 milliards $ pour l’épicerie et les produits essentiels en 2027 », détaille François-Philippe Champagne.

Le gouvernement vise aussi à éliminer l’itinérance d’ici dix ans et à doubler la capacité électrique d’ici 2050. Le plan finance également les infrastructures des Premières Nations et la défense dans le Nord et l’Arctique.

Enfin, un allègement fiscal pouvant atteindre 45 000 $ par année pour les artistes, qui s’inscrit dans la création du nouveau Crédit canadien pour la création, est prévu dans le Budget 2026. 

« Parce que la souveraineté revient en fin de compte à une même idée : avoir la confiance, la capacité et la liberté de décider fièrement de notre propre avenir, d’être maîtres chez nous », conclut François-Philippe Champagne.