Ce 2 avril, les membres de la LIM accueilleront le public au Centre culturel franco-manitobain (CCFM) pour une soirée placée sous le signe des blagues, des récits de victoires et des rebondissements dramatiques… le tout laissé au hasard grâce au lancer de dés.
Même si l’art de l’improvisation (ou simplement « l’impro ») n’est pas un concept totalement inconnu du public francophone grâce à la LIM, il est possible que leurs spectateurs de longue date puissent ne pas savoir ce qu’est un match DnD.
En bref, c’est un jeu qui tire son inspiration des jeux de rôle sur table comme le Donjons et Dragons (DnD).
Ces matchs spéciaux utilisent d’ailleurs le format introduit par le spectacle du Festival Fringe de Winnipeg intitulé The DnD Improv Show pour ramener des narratives magiques et fantastiques aux spectateurs francophones.
Costumés pour représenter des personnages pré-écrits, les joueurs sont lancés dans une histoire planifiée par le Maître de jeu, où chaque décision prise doit être résolue avec le lancer d’un dé de vingt côtés.
Et si la chance ne leur sourit pas, c’est là que les talents des joueurs s’expriment pleinement.
Gabriel Tougas, qui officie habituellement en tant qu’arbitre pour la LIM, est un passionné de longue date de Donjons et Dragons, et assiste également au spectacle présenté dans le cadre du Festival Fringe de Winnipeg.
Il estime qu’il existe une forte proximité entre ces jeux de rôle et l’improvisation formelle.
Les joueurs de la LIM et ceux du DnD Improv Show entretiennent d’ailleurs des liens étroits, et ont partagé leur expertise afin d’aider leurs homologues francophones à développer ce type de spectacle.
Déserts et dangers : un nouveau bac à sable
Bien que la première édition, qui s’est tenue en 2024, et la deuxième édition l’année suivante, aient toutes deux remporté un vif succès, les organisateurs ont souhaité repousser les limites du genre pour sa troisième édition.
En hommage à Mad Max: Fury Road et d’autres films semblables, ce troisième match spécial intitulé Déserts et Dangers sera présenté dans un monde post-apocalyptique rempli d’écrous, de boulons, de rouille et de graisse.
Tant que les gérants du match veulent que l’histoire elle-même reste un secret jusqu’à la présentation, l’idée du monde imaginé par Gabriel Tougas et son co-créateur Gilles Lessard donne néanmoins un aperçu du ton et les thèmes qui seront explorés par les joueurs.
« Pour les deux premières éditions, on voulait vraiment faire quelque chose de classique que les gens pouvaient reconnaître. Mais à un moment donné, on a décidé que c’était l’occasion d’imaginer autre chose », partage Gabriel Tougas.
Grand amateur de Mad Max: Fury Road, Gilles Lessard joue normalement pour l’équipe verte de la LIM, mais prendra cette fois le contrôle du narratif et de la construction de cet univers.
Gabriel Tougas souhaitait prendre un peu de recul après les deux premières éditions, mais a quand même participé à la création du monde et sera présent comme sonorisateur.
Gilles Lessard voit également des liens naturels entre l’univers de Mad Max: Fury Road et l’improvisation.
Selon lui, les deux reposent sur une forme de chaos assumé qui stimule la créativité.
« Il y a quelque chose dans le chaos brut du film, puis dans celui de l’improvisation, qui s’est probablement rejoint dans nos esprits, explique-t-il. L’improvisation est souvent très absurde, et je pense que cet univers va particulièrement bien s’y prêter. »
Gabriel Tougas ajoute qu’il est « ravi que Gilles et moi puissions faire ça ensemble. Il a une bien meilleure maîtrise de cet univers que moi, et ça a déjà été tellement le fun de co-créer cet univers que Gilles fera vivre sur scène. »
« Un peu de gingembre » pour le moral
Les deux organisateurs préviennent toutefois les spectateurs de ne pas s’attendre à des décors ou à des costumes grandioses comme dans les productions à gros budget.
Selon eux, l’aspect un peu bricolé de la mise en scène fait partie intégrante du charme de ces matchs exceptionnels, d’autant plus qu’il s’accorde bien avec l’univers dépeint.
« On a toujours eu vocation à faire du théâtre communautaire, quasiment. C’est intentionnel que nos accessoires, nos décors et nos costumes soient mauvais. Faut que ce soit un peu broche à foin pour qu’on puisse tous s’amuser », explique Gabriel Tougas.
Pour Gilles Lessard, cependant, ce match spécial n’est pas seulement l’occasion de s’amuser. Il le compare au gingembre servi avec les sushis, qui sert à rafraîchir le palais entre deux types de rouleaux.
« On adore les matchs réguliers, que ce soit en tant que participants ou spectateurs. Mais de temps en temps, ça permet à la foule de voir quelque chose de différent dans un format différent.
« Cela permet également aux joueurs de travailler les différentes techniques, et d’affiner nos capacités d’improvisation, afin que le public ne soit pas pris au dépourvu par ce format. »
Gabriel Tougas s’accorde avec lui, ajoutant que c’est aussi l’occasion d’expérimenter avec toutes sortes de formes de narration et de divertissement.
« Et oui, c’est important pour tous de nettoyer un peu le palais avec un peu de gingembre, » conclut-il en riant.
Le match spécial de la LIM commence dans la salle Antoine-Gaborieau au CCFM à 20 h, avec les portes qui ouvrent à 19h afin de laisser le public s’installer tranquillement.
Les détails des tarifs de billets peuvent être trouvés sur le site Web du CCFM.