La marche aura lieu au centre communautaire de Park City West ; les portes ouvriront à 14 h et la marche débutera à 15 h.

Ouverte depuis 1973, l’Arche Winnipeg est une organisation à but non lucratif qui loge des adultes vivant avec une déficience intellectuelle.

Ayant pour mission de les aider à s’épanouir, les foyers s’efforcent de créer un environnement communautaire grâce à la présence d’assistants et à des activités sociales.

« L’idée, c’est que les assistants partagent la vie avec les gens qui sont en déficience intellectuelle, explique Mira Ramlal, coordinatrice en communications et développement de fonds pour l’organisation.

« Le but est d’apprendre à vivre ensemble avec nos différents dons, nos habiletés, nos talents. »

Les six foyers de l’Arche Winnipeg accueillent au total 25 membres et une quarantaine d’assistants qui les aident dans leurs tâches quotidiennes, qu’il s’agisse de s’habiller ou de se rendre à leurs rendez-vous.

Mais surtout, les assistants tissent des liens d’amitié avec les membres, créant ainsi une véritable communauté.

Sorties, bénévolat et activités créatives rythment donc le quotidien des membres dans le cadre de la programmation sociale de l’organisation.

Une nouvelle addition au programme, rendue possible grâce à un financement du gouvernement fédéral, est la thérapie musicale pour les membres, dont les résultats seront présentés au public lors d’un spectacle en juin.

Une organisation aux racines francophones

À ses débuts, l’organisation s’était inspirée du modèle de L’Arche, une fédération internationale qui existait déjà à l’époque.

« Il y avait des institutions pour les gens avec des déficiences intellectuelles, mais ce n’étaient pas des foyers très accueillants, explique Mira Ramlal.

Soutenue par la communauté, l’Arche Winnipeg a été fondée par Sœur Marie Paradis, et la première maison de l’Arche a été offerte par les Sœurs Oblates en 1973. Située à Transcona, cette maison a donc été baptisée « l’Ainé ».

« Depuis le tout début, il y avait vraiment une intégration avec la communauté francophone. Beaucoup des membres et des employés étaient francophones. Et on est encore une organisation bilingue. »

La vie à l’Arche

« Nous cuisinons ensemble, nous fêtons les anniversaires ensemble. Bien sûr, nous nous disputons aussi pour savoir qui fait la vaisselle. Quand ils sont malades à l’hôpital, nous sommes là avec eux », explique Jerusha Onyimbo, l’une des assistantes au foyer de Saint-Boniface.

Jerusha Onyimbo, assistante aux membres dufoyer de Saint-Boniface.
Jerusha Onyimbo, assistante aux membres du foyer de Saint-Boniface. (photo : Marta Guerrero)

Elle travaille comme assistante pour l’organisation depuis le mois de décembre, après avoir été bénévole pendant près d’un an.

Vivre au foyer en tant qu’assistante l’a « fait grandir en tant que personne », selon elle.

Elle dit se sentir épanouie en donnant aux résidents un sentiment d’appartenance et de sécurité, tout en préservant leur dignité, en veillant à ce qu’ils se sentent capables et en les traitant avec le respect qu’ils méritent.

« Il faut vraiment être patient, explique-t-elle. Si quelqu’un, par exemple, veut porter des chaussettes, nous devons vraiment nous asseoir et négocier, car on ne peut pas lui imposer notre volonté. Quel genre de chaussettes? Il faut lui proposer de vraies options, lui laisser la possibilité de faire entendre sa voix. »

Les tâches des assistants dépendent du niveau d’autonomie des résidents.

Au foyer de Saint-Boniface, on compte quatre résidents et quatre accompagnants, même si cette proportion n’est pas toujours aussi équi- librée.

Jerusha Onyimbo explique que dans son foyer, deux des résidents sont très autonomes, dont une qui travaille comme serveuse au Tova Café de l’Arche.

Pour ces membres, les assistants peuvent apporter leur aide pour prendre des médica- ments ou pour compléter des tâches administratives.

Quant aux deux autres membres, l’un est non-verbal et l’autre est âgée, ce qui signifie qu’elle a besoin de soins supplémentaires.

Pour s’assurer que les résidents aient accès à un soutien 24 h sur 24, les assistants travaillent par poste.

« Pour moi, ce qui est le plus gratifiant, ce sont les relations que nous avons nouées, la confiance que nous avons les uns envers les autres, dit-elle. Les résidents les plus autonomes viennent nous dire ce qu’ils ressentent et s’ils ont des difficultés avec quelque chose. »

« Et ces câlins quotidiens, voir la joie sur leurs visages, je vous le dis, pour moi, c’est tellement gratifiant. »

La marche annuelle

« C’est une belle façon d’honorer nos membres, souligne Mira Ramlal. C’est une occasion pour toute la communauté de venir nous rejoindre et de célébrer les membres. »

Organisée chaque année depuis 2005, la marche est suivie d’un barbecue communautaire gratuit proposant des activités pour toute la famille.

En 2025, environ 350 personnes se sont jointes à l’équipe de l’Arche pour cet évènement. Bien que les frais liés au coût de la vie des membres soient financés par des subventions gouvernementales, plusieurs activités de l’organisation sont autofinancées.

Les plus de 50 000 $ amassés chaque année lors de la marche annuelle contribuent à financer les activités quotidiennes, mais aussi l’entretien indispensable des foyers et le transport accessible.

Cette année, Mira Ramlal souligne que l’organisation prévoit également de répondre à des besoins supplémentaires : ceux d’une communauté vieillissante.

« Il y a quelques membres qui sont là depuis presque le début. On a une membre qui est là depuis 1973, explique-t-elle.

« On voit notre communauté s’agrandir et vieillir, ce qui est excellent parce que c’est bien de voir que ça continue. Mais nos besoins évoluent aussi. On doit voir comment on peut aider nos membres à continuer à vivre dans nos maisons. »

Et pour Jerusha Onyimbo, des fonds supplémentaires sont synonymes d’un accompagnement de meilleure qualité pour les membres.

« Si un lave-vaisselle tombe en panne, cela signifie que l’assistante doit passer plus de temps à faire la vaisselle qu’à s’asseoir avec les membres pour les aider. »

Initiative de journalisme local