De Satchmo! au Seigneur des anneaux, le prochain concert du Winnipeg Pops Orchestra, prévu le 30 mai, promet une programmation diversifiée pour célébrer son 70e anniversaire.

Ce n’est pas le genre de musique « pop » que l’on entend à la radio, mais il ne fait aucun doute que la musique classique interprétée par le Winnipeg Pops Orchestra est reconnaissable par presque tout le monde.

Les œuvres des compositeurs célèbres tels que Piotr Ilitch Tchaïkovski, Andrew Lloyd Webber, John Williams et Glenn Miller, parmi d’autres, font partie de la programmation régulière de cette troupe musicale, comprenant principalement des bénévoles.

Et le 30 mai, cette belle troupe célébrera son 70e anniversaire.

Le concert, qui aura lieu au Centre culturel franco-manitobain dans la salle Pauline-Boutal, comprendra de la programmation incluant la musique du Seigneur des anneaux, Les Sept Mercenaires et Band of Brothers.

De plus, l’orchestre jouera Selections from Chicago avec une vocaliste et Satchmo! (A Tribute to Louis Armstrong), ainsi que Peer Gynt, d’Edvard Grieg.

Enfin, Fred Liessens, ancien percussionniste de l’Orchestre symphonique de Winnipeg est l’invité spécial de la soirée, et se produira avec l’ensemble.

À cette occasion, quelques-unes de ses œuvres originales seront présentées.

« On est très chanceux. C’est tellement stimulant de jouer avec lui, et ses pièces sont aussi très agréables à interpréter », s’exclame Alice Bérubé, violoncelliste au sein de l’orchestre.

Membre de la troupe depuis trois ans, elle a pu constater l’impact qu’un tel orchestre peut avoir sur la communauté au fil de son histoire.

70 ans de musique communautaire

Fondé en 1956, le Winnipeg Pops Orchestra a d’abord vu le jour avec seulement six membres, sous le nom « The Airport City Pops Orchestra ».

Au fil du temps et avec l’arrivée de plusieurs musiciens et musiciennes, elle est devenue « The St. James Pops Orchestra ».

Tout au long des années 1970, l’orchestre a continué de prendre de l’ampleur jusqu’à ce qu’il soit officiellement baptisé « Winnipeg Pops Orchestra » en 1980.

Ce n’est que six ans plus tard qu’il est devenu un organisme à but non lucratif.

Aujourd’hui, l’orchestre compte entre 65 et 70 membres provenant de Winnipeg et des environs.

Ces passionné·es de musique représentent toutes les générations : le plus jeune fréquente encore l’école secondaire, tandis que les plus âgés ont plus de 80 ans.

« La musique, ça n’a pas d’âge limite, affirme la violoncelliste. Ce n’est pas parce qu’on a 80 ans qu’on n’est plus capable de jouer de la musique. Et l’inverse est vrai aussi. C’est universel. »

Un soutien retentissant

Même si Alice Bérubé ne fait partie de l’ensemble que depuis trois ans, son parcours musical s’étend sur plusieurs décennies.

C’est à l’âge de neuf ans qu’elle a appris à jouer de son instrument principal, avant d’arrêter huit ans plus tard.

Bien qu’elle ait commencé à jouer du violon dans sa trentaine, elle n’a retrouvé le violoncelle qu’en 2008, lorsqu’elle a commencé à tourner avec la chanteuse Angèle Arsenault avant son décès.

Maintenant installée à Winnipeg, elle est heureuse d’avoir l’occasion de jouer avec l’ensemble.

« Il n’y a plus l’obligation d’être parfait ou d’être la première. Là, c’est simplement le plaisir de jouer de la musique. Là, c’est juste le fun. »

Un avenir incertain

Même si l’orchestre ne s’est produit que quelques fois à la salle Pauline-Boutal au CCFM, cette salle figure depuis un certain temps déjà parmi les lieux que l’ensemble envisage.

En 2025, la Lutheran Church of the Cross, où l’ensemble tient la majorité de ses répétitions, a cédé ses espaces à l’organisme Arms of the Cross Housing, qui souhaite aménager un centre communautaire comprenant des logements abordables.

Le début des travaux étant prévu en juin, l’ensemble doit maintenant se trouver un nouveau lieu de répétition pour la prochaine saison.

La tâche s’annonce toutefois complexe : peu de salles peuvent accueillir près de 70 musicien·nes, en plus d’imposants instruments de percussion comme des gongs, des grosses caisses et des xylophones.

Les salles pouvant répondre à ces besoins sont généralement très coûteuses, ce que l’ensemble ne peut pas toujours se permettre en tant qu’organisme à but non lucratif.

Le problème du stationnement s’ajoute également aux défis.

Même si plusieurs membres habitent Winnipeg, certains viennent de l’extérieur de la ville, et plusieurs endroits, comme l’Université du Manitoba, n’offrent pas suffisamment de places de stationnement.

Selon Alice Bérubé, cependant, le CCFM pourrait représenter un lieu idéal pour l’ensemble grâce à son vaste stationnement et à sa situation centrale.

« Ça coûte encore cher de louer la salle, mais moi, j’aimerais bien pratiquer à cet endroit. On verra ce que l’avenir nous donne », conclut Alice Bérubé avec un brin d’espoir.