Les notes de l’organisme vont de A à F et sont divisées en quatre sections : expérience de la pauvreté, mesures de la pauvreté, défavorisation matérielle, et progrès législatifs.

La note globale du Manitoba en 2026 est de C−. Si cette note de C− est la même que celle obtenue par la province en 2025, certains des indications ont connu une progression.

En effet, bien que des progrès notables aient été réalisés en matière d’abordabilité et de niveau de vie, la province fait face à des défis majeurs, notamment un accès aux soins de santé jugé critique.

Dans le détail, avec 33 % de sa population consacrant plus de 30 % de son revenu au logement, le Manitoba affiche le meilleur résultat national pour cet indicateur.

Aussi, les ménages manitobains consacrent en moyenne 53,2 % de leur revenu aux coûts fixes (hors logement), une amélioration par rapport à 2025 (62,1 %) et un taux inférieur à la moyenne nationale.

Insécurité alimentaire élevée au Manitoba

56 % des résidents manitobains déclarent avoir de la difficulté à accéder aux soins de santé, soit le pire taux au pays. L’on peut noter aussi que l’insécurité alimentaire demeure élevée à 27,9 %, ce qui est supérieur à la moyenne nationale de 24 %.

Harvest Manitoba, le réseau de banques alimentaires à but non lucratif, se dit encouragé de voir certaines améliorations. Cela « montre que des progrès sont possibles, mais l’insécurité alimentaire reste extrêmement élevée », insiste l’organisme. 

« Nous continuons de constater un nombre record de personnes qui se tournent vers les banques alimentaires, car le coût de la vie dépasse le budget de nombreux ménages », ajoute Harvest Manitoba qui indique, sur son site web, que plus de 50 000 Manitobains se rendent chaque mois dans une banque alimentaire.

« Les banques alimentaires apportent un soutien essentiel, mais pour un changement à long terme, il faut s’attaquer aux causes profondes de la pauvreté et veiller à ce que les Manitobains disposent des ressources nécessaires pour subvenir à leurs besoins fondamentaux.

« Nous allons dans la bonne direction, mais il reste encore beaucoup à faire pour créer un avenir où aucun Manitobain ne souffrira de la faim », a affirmé l’organisme dans une déclaration envoyée à La Liberté.

Par ailleurs, Banques alimentaires Canada fait plusieurs recommandations au gouvernement manitobain pour améliorer la situation. Parmi elles, l’on peut citer l’élaboration d’une stratégie globale de sécurité alimentaire, particulièrement pour le Nord et en partenariat avec les communautés autochtones ou encore la mise en place une stratégie d’emploi spécifique pour les jeunes. 

Au niveau national, plusieurs enjeux

La note globale du Canada a atteint un D+ en 2026 (par rapport à un D en 2025).

L’analyse de Banques alimentaires Canada souligne que le pays traverse une mutation économique profonde où les revenus ne suffisent plus à couvrir le coût croissant du logement et des produits essentiels.

Il est observé qu’un client des banques alimentaires sur cinq occupe un emploi. « Fondamentalement, la crise de l’insécurité alimentaire au Canada est devenue un enjeu national qui nécessite une attention urgente », dit Banques alimentaires Canada.

42 % des Canadiens consacrent plus de 30 % de leur revenu au logement, un chiffre qui grimpe à 49 % en Colombie-Britannique. 66 % des bénéficiaires estiment que les prestations sont insuffisantes pour couvrir le coût de la vie, contre 45,9 % en 2023.

La perception du bien-être financier s’est aussi détériorée. Près de 39 % des Canadiens estiment que leur situation est moins bonne que l’an dernier.

« Un Canada fort et résilient ne peut exister que si tout le monde a les moyens de se procurer la nourriture et les produits essentiels dont il a besoin pour réaliser tout son potentiel », peut-on aussi lire dans le document de l’organisme de bienfaisance. 

Plusieurs mesures ont tout de même été saluées comme l’annonce de l’Allocation canadienne pour l’épicerie et les besoins essentiels ou encore la mise en œuvre de la Prestation canadienne pour les personnes handicapées offrant jusqu’à 2 400 $ par année.