Par Laurent GIMENEZ

« Qui tient la mer tient le monde » : cette vieille maxime bien connue des diplomates n’a rien perdu de son actualité, comme l’illustre le récent conflit entre l’Iran et les États-Unis. En entravant la navigation dans le détroit d’Ormuz, étroit couloir dans le golfe Persique par où transite environ un cinquième des exportations mondiales de pétrole, les Iraniens ont réussi à étendre la crise à toute la planète et à tenir tête à la première puissance mondiale. L’exploit n’est pas inédit. Au 16e siècle, malgré son faible poids démographique (moins d’un million d’habitants), le Portugal s’était rendu maître du commerce mondial des épices en prenant le contrôle de ce même détroit d’Ormuz ainsi que du détroit de Malacca, trait d’union entre l’océan Indien et l’océan Pacifique.

Plus près de nous, les détroits des Grands Lacs étaient jadis au cœur d’un autre conflit international opposant la France et l’Angleterre dans la course à l’hégémonie européenne en Amérique du Nord. Au milieu du 18e siècle, la Nouvelle-France étendait son influence bien au-delà de la vallée du Saint-Laurent, aussi loin que dans l’actuelle Saskatchewan à l’ouest et au golfe du Mexique au sud. Pour protéger cette vaste zone de libre-échange franco-amérindienne contre la concurrence anglaise, la France avait pris soin de verrouiller les principaux détroits menant d’un lac à un autre, en y établissant des forts à vocation militaire et commerciale.

Parmi ceux-ci, le fort du Détroit, situé entre les lacs Huron et Érié, demeure présent dans la toponymie contemporaine, puisque la ville américaine qui lui a succédé porte toujours son nom français : Détroit (ou Detroit en anglais). Son fondateur, le Gascon Antoine de Lamothe-Cadillac (1658-1730), serait sans doute heureux de l’apprendre, et peut-être un peu surpris qu’on ait donné son propre patronyme à une marque de voitures de luxe!

Comme tous les grands voyageurs de son temps, Cadillac maîtrisait sûrement la terminologie des cours et des étendues d’eau. Pour tester vos propres connaissances en la matière, essayez de répondre aux questions ci-dessous.

1. Comment appelle-t-on une bande de terre étroite entre deux étendues d’eau?

a. Un détroit

b. Un isthme

c. Une cheminée

2. Quelle est la différence entre un détroit et un canal?

a. Un détroit est plus grand qu’un canal.

b. Un canal relie toujours deux mers, alors qu’un détroit peut relier une mer et un lac.

c. Un détroit est un passage naturel, alors qu’un canal est un passage creusé par les humains.

3. Quelle est la différence entre un canal et un chenal?

a. Un chenal est un couloir de navigation à l’intérieur d’une étendue d’eau.

b. Un chenal est plus petit qu’un canal.

c. L’eau qui circule dans un chenal est saumâtre (mélange d’eau douce et d’eau salée).

4. Lequel des groupes ci-dessous n’est pas un archipel?

a. Îles de la Madeleine

b. Terre-Neuve-et-Labrador

c. Hecla–Black Island

5. Quelle est la différence entre une baie et un golfe?

a. Un golfe est toujours plus grand qu’une baie.

b. Une baie est toujours moins profonde qu’un golfe.

c. En général, un golfe est plus profondément enfoncé dans les terres qu’une baie.

6. Qu’est-ce qu’une anse?

a. Une petite baie, généralement à contours arrondis

b. Un repli du rivage qui n’est visible qu’à marée basse

c. Une baie secondaire située à l’intérieur d’une baie principale

Qu’est-ce qu’un havre?

a. Un bord de mer interdit à la circulation routière

b. Un port protégé des vagues par une digue

c. Un endroit abrité où les navires peuvent jeter l’ancre en sécurité

Réponses : 1-b (un isthme est donc le contraire d’un détroit, qui est un passage d’eau entre deux étendues de terre); 2-c; 3-a; 4-b (un archipel est un groupe d’au moins deux îles; or, le Labrador n’est pas une île);5-c; 6-a; 7-c