« Le folklore, c’est quelque chose qui est encore vivant. » Ces mots de Myriam Leclercq, coordonnatrice du Pavillon canadien-français, résument à eux seuls l’esprit de l’évènement.

Du 2 au 8 août, le Pavillon accueillera le public au Centre culturel franco-manitobain (CCFM) autour d’un nouveau spectacle de l’Ensemble folklorique de la Rivière-Rouge et de plusieurs éléments de la culture canadienne-française.

Cette année, Myriam Leclercq coordonne le Pavillon canadien-français pour la deuxième fois. Depuis plus de dix ans, elle est aussi directrice artistique de la troupe adulte de l’Ensemble folklorique de la Rivière-Rouge, qui assure le spectacle du Pavillon.

Son implication remonte toutefois à bien plus longtemps. Danseuse au Pavillon depuis l’âge de 13 ans, elle restera cette année en coulisses en raison de son rôle de coordonnatrice. « Ça fait 23 ans que je suis impliquée d’une façon ou d’une autre avec le spectacle », raconte-t-elle.

Créé en 1979 par l’Ensemble folklorique de la Rivière-Rouge, le Pavillon est ensuite passé sous la responsabilité du Centre culturel franco-manitobain (CCFM). Malgré quelques changements au fil des ans, la ligne directrice reste la même : « Depuis ses débuts, il a toujours célébré la culture canadienne-française. »

« Toujours la même énergie »

 Si la formule demeure familière, le Pavillon canadien-français proposera cette année un nouveau spectacle de 45 minutes mêlant « danse, musique et chansons ». Le programme puisera dans le répertoire folklorique canadien-français pour offrir des chorégraphies renouvelées, avec de la gigue, de la valse, du quadrille et de la danse carrée.

Conçu par Myriam Leclercq en collaboration avec Christine Lamontagne et Jacqueline Jubinville, directrices artistiques de la troupe jeunesse, le spectacle alternera entre des séquences énergiques et des moments plus calmes. « On ne veut pas toujours offrir le même spectacle que l’année passée », explique Myriam Leclercq, qui insiste sur son côté interactif. « Le public sera invité à participer en apprenant quelques mouvements de danse assise ou en chantant avec nous des classiques du Manitoba. »

Deux représentations auront lieu chaque soir de la semaine, à 18 h 45 et à 20 h 15, auxquelles s’ajoutera une troisième à 21 h 45 du mercredi au samedi. Les troupes jeunesse et adulte, composées chacune d’environ une quinzaine de danseurs, se relaieront d’un soir à l’autre, accompagnées d’une dizaine de musiciens. Elles présenteront le même programme, « avec de petites nuances, mais toujours la même énergie ».

Le folklore s’invitera aussi au menu. Les visiteurs pourront goûter à des plats traditionnels comme la tourtière ou la soupe aux pois. Les pets-de-sœur, pâtisseries canadiennes-françaises très appréciées du public selon Myriam Leclercq, feront également leur retour. Au bar, un punch s’ajoutera cette année au traditionnel Caribou.

En plus des éléments déjà connus des habitués, l’exposition culturelle du Pavillon proposera une nouveauté. « On va avoir une petite section consacrée aux contes canadiens-français, comme la Chasse-galerie et Rose Latulippe. »

Un effort collectif pour transmettre le goût du folklore

Mettre sur pied un tel pavillon demande une mobilisation intense que le public ne mesure pas toujours, selon sa coordonnatrice. Le travail commence dès l’automne précédent, avec le dépôt des projets. L’organisation s’amorce ensuite en janvier, avant le début des répétitions du spectacle au printemps.

« C’est presque huit mois de travail en amont et les personnes impliquées y consacrent beaucoup d’heures », précise Myriam Leclercq.

Sur place, le bon déroulement de l’évènement repose sur un nombre important de bénévoles.

« Folklorama, c’est un festival qui fonctionne avec beaucoup de bénévoles. Chaque soir, on a environ 80 à 90 bénévoles, uniquement pour le Pavillon canadien-français. »

Ce rendez-vous culturel fait même parfois naître des vocations. « Il y a des personnes qui vont se dire : tu sais quoi, je veux m’inscrire à l’école de danse du CCFM. C’est le cas de plusieurs membres de l’Ensemble folklorique, qui ont décidé d’apprendre ces styles de danse après les avoir découverts sur scène », se réjouit Myriam Leclercq. Certains enseignent aujourd’hui eux-mêmes à l’école de danse.

« Il y a aussi des histoires de famille », ajoute la directrice artistique : des mères qui dansent avec leurs enfants devenus adultes, des sœurs qui dansent ensemble ou des jeunes qui suivent les pas de leurs parents.

« La transmission est un élément clé, qui fait partie de tout folklore », résume Myriam Leclercq.

La relève du Pavillon

Geneviève Lambert, 17 ans, fait cette année ses débuts au Pavillon canadien-français, à la fois comme ambassadrice et comme danseuse au sein de la troupe jeunesse de l’Ensemble folklorique de la Rivière-Rouge.

Amatrice de musique, elle danse depuis l’âge de 10 ans et se produisait depuis longtemps déjà avec sa propre petite troupe.

Elle raconte que c’est à l’origine une amie qui lui a transmis ce goût de la danse, en lui proposant d’en faire avec elle au CCFM.

« J’ai dit oui et j’ai essayé. Ensuite, la COVID est arrivée et c’était vraiment difficile, car je ne pouvais plus suivre les cours de danse. Alors, j’ai pris des cours privés pour continuer. »

Une fois la pandémie passée, elle a repris ses cours à l’école de danse du CCFM, où on lui a proposé de rejoindre le groupe de gigue intensive. « Ils ont trouvé que j’étais assez bonne. » C’est le défi de « danser vite » qui l’a passionnée pour cette discipline.

Depuis, son but était de faire partie de l’Ensemble folklorique de la Rivière-Rouge. Un objectif désormais accompli.

Un engagement double

Geneviève Lambert a tout de suite accepté lorsqu’on lui a proposé de devenir ambassadrice jeunesse du Pavillon : « J’étais vraiment honorée quand on me l’a demandé, surtout que c’était ma première année dans la troupe. Et bien sûr, j’ai dit oui. Je suis vraiment impatiente de vivre cette première expérience. »

Dans le cadre de cette mission bénévole, elle représente le Pavillon lors de plusieurs évènements à Winnipeg, comme la fête du Canada à La Fourche ou le Marathon du Manitoba. Pendant Folklorama, en plus de danser au sein de la troupe jeunesse, elle fera visiter le Pavillon aux VIP et, une fois la semaine du Pavillon canadien-français terminée, elle ira le représenter dans les autres pavillons.

Cette mission lui demande une forte implication personnelle, entre les évènements, les nombreuses heures de préparation et les informations à mémoriser.

« On a commencé nos pratiques pour le spectacle de danse au mois d’avril. On va aussi se rencontrer avec les bénévoles et préparer tout ce qu’il faut avant la semaine de Folklorama. Alors, oui, on sera très occupés les prochaines semaines, mais c’est vraiment excitant. »

Des enjeux personnels

L’ambassadrice se réjouit de pouvoir rencontrer de nouvelles personnes et découvrir de nouvelles cultures grâce à cette expérience.

Pour elle, qui a grandi dans une famille métisse « très » francophone et qui est profondément attachée à sa communauté, c’est aussi l’occasion de promouvoir une langue et une culture qui lui sont chères à travers la danse et la musique.

« On parle toujours français à la maison. C’est vraiment important pour moi de pouvoir transmettre ma langue et montrer aux gens l’histoire francophone de notre province. »

Au-delà du spectacle, Myriam Leclercq et Geneviève Lambert espèrent que les visiteurs repartiront du Pavillon après avoir passé une belle soirée, enrichis par la culture canadienne-française et avec l’envie d’en faire vivre la langue et les traditions.

Geneviève Lambert adresse enfin un message à la jeunesse francophone :

« La culture française n’est pas morte, elle est encore bien vivante, et on n’a pas à avoir honte de parler français. On a vraiment une très belle culture, et j’aimerais que les jeunes de mon âge prennent conscience de la valeur de ce que les générations avant nous nous ont transmis. »