Ce 26 octobre, les premiers ministres canadiens et les dirigeants des Premières Nations se sont réunis à Ottawa pour la première fois en vingt ans.

Lors de ce sommet, le premier ministre du Manitoba, Wab Kinew, a remis au premier plan la question de la réforme ou de l’abolition de la Loi sur les Indiens.

Introduite en 1876, cette législation coloniale permet au gouvernement fédéral de gérer le statut d’Indien, les réserves et les conseils de bande.

Elle visait historiquement l’assimilation des Premières Nations en interdisant leurs cultures et en imposant un système d’émancipation discriminatoire.

Bien qu’amendée en 1951 et 1985, cette loi reste perçue comme un outil d’ingérence fédérale dans l’identité autochtone.

En conférence de presse, le premier ministre du Canada, Mark Carney, s’est dit ouvert à dépasser cette loi.

« Quant à la manière dont cela pourrait se faire, dont la loi pourrait être abolie, je tiens à préciser que j’y suis tout à fait ouvert.

« Je ne joue pas sur les mots. Il pourrait s’agir d’aller au-delà de cette loi, de la réformer ou de l’abolir. Je veux dire que l’objectif souhaitable, c’est de l’abolir, puis de moderniser pleinement la relation de gouvernance.

« C’est un processus. Pour bien faire les choses, il faut un processus. »

Mark Carney a vivement critiqué l’héritage de ce texte en déclarant : « C’est un anachronisme de notre passé, et j’hésite parce que de le dire comme cela, c’est un euphémisme : c’est une loi raciste, au fond, qui existe encore. »

« Il est temps de tourner la page », dit Wab Kinew

Le leader fédéral a aussi dit que son gouvernement était ouvert à un processus codéveloppé et a demandé aux ministres de travailler en partenariat avec les Premières Nations pour tracer cette voie.

« Nous aurons bien sûr besoin d’une nouvelle législation qui serve d’interface entre le gouvernement fédéral et les Premières Nations. Et celle-ci DOIT être élaborée en collaboration avec les chefs et les gouvernements des Premières Nations à chaque étape du processus. Mais il est temps de tourner la page sur cette législation dépassée, raciste et patriarcale.

« Je soutiens le travail du premier ministre Carney visant à positionner le Canada comme un leader mondial en matière de droits de l’homme et de démocratie.

« La Loi sur les Indiens est incompatible avec la réalisation de cette vision. Nos lois nationales devraient refléter les valeurs que nous défendons à travers le monde », a notamment commenté Wab Kinew.

Tout en rappelant qu’il s’agit là d’une « discussion complète qui doit être menée directement avec les Premières Nations », la cheffe nationale de l’Assemblée des Premières Nations, Cindy Woodhouse Nepinak a salué l’ouverture du gouvernement fédéral.

« Je suis heureuse de cette annonce que les Premières Nations devraient pouvoir décider pour elles-mêmes de leur façon de procéder plutôt que de se faire dire toujours quoi faire. »

Les dirigeants autochtones devraient aborder le sujet lors de l’Assemblée extraordinaire des Chefs prévue à Ottawa en décembre 2026.