89 % des membres de l’unité urbaine et 85,9 % des membres de l’unité des factrices et facteurs ruraux et suburbains (FFRS) ont voté en faveur de la ratification de leur nouvelle convention collective respective, a annoncé le STTP qui représente environ 50 000 employées et employés de la Société canadienne des postes à l’échelle du pays.

Ces résultats, présentés ce 1er juin, sont l’aboutissement d’un processus de négociation qui a duré plus de deux ans et qui a donné lieu à plusieurs semaines de grève générale.

Eric Toupin-Selinger, représentant dans les Prairies pour le STTP, se dit soulagé que les membres aient voté pour cette ratification.

« Ça a été un processus très long. Ça a pris deux ans et demi pour y arriver. On a pu présenter ces ententes aux membres en décembre dernier. Ça a pris six semaines à ratifier et puis les résultats sont très forts, c’est clair que la majorité des membres voulait que ça soit accepté et procéder avec une convention collective. »

Les deux conventions collectives demeureront en vigueur jusqu’au 31 janvier 2029. Eric Toupin-Selinger espère que cela permettra un peu de stabilité.

« On souhaite que ça donne une stabilité à nos membres, mais plus important à la Société d’État de Postes Canada pour qu’ils puissent tourner le bateau comme on dit, et qu’il devienne plus profitable. »

La question de la profitabilité est bien au centre des enjeux depuis plusieurs années. Encore tout récemment, Postes Canada a annoncé une perte de 205 millions $ avant impôt au terme des trois premiers mois de l’année de 2026.

Eric Toupin-Selinger dit que lui et ses collègues sont « profondément » inquiets par la situation économique de l’entreprise. Il fustige les actions de Doug Ettinger, président-directeur général (PDG) de Postes Canada, en poste depuis 2019.

« Ça fait plusieurs années que la performance de notre PDG est inacceptable. Les citoyens du Canada et les membres ne devraient pas accepter cette performance », lance-t-il.

De son côté, Doug Ettinger s’attend à ce que ces nouveaux accords avec les travailleurs et travailleuses des postes soutiennent les activités de Postes Canada.

« Les nouvelles ententes sont d’une importance capitale alors que la Société poursuit sa transformation pour retrouver sa viabilité financière et mieux répondre aux besoins modernes de sa clientèle », a-t-il notamment déclaré.

Pour se remettre dans le bon sens, il est attendu que Postes Canada entreprenne d’importantes réformes.

En septembre 2025, le gouvernement fédéral a demandé à la Société d’entamer une transformation basée sur les recommandations de la Commission d’enquête sur les relations de travail.

Parmi elles, il y a notamment la fermeture de bureaux de poste ou encore le remplacement de la livraison à domicile par des boîtes postales communautaires pour quatre millions d’adresses.

Des solutions qui ne convainquent pas Eric Toupin-Selinger.

« C’est une mauvaise idée. C’est la mauvaise direction. Le syndicat veut améliorer les services, car Doug Ettinger veut les diminuer.

« À Winnipeg, 16 000 adresses à domicile pourraient passer à des boîtes communautaires, on sait que ça va diminuer la qualité de service. Le monde ne va pas vouloir utiliser Postes Canada.

« Honnêtement, ça va coûter à Postes Canada plus d’argent à faire ce changement que de continuer à chercher plus de business. Nous, on dit que ça ne vaut pas la peine. C’est une dépense qui ne va pas améliorer le service, mais le diminuer et qui va affecter la rentabilité dans le futur. »