Les chefs de file des municipalités bilingues du Manitoba ont eu l’occasion de participer à une table ronde avec la ministre de l’Éducation et de l’Apprentissage en jeune enfance, Tracy Schmidt.
Les conversations, qui se sont tenues, ont abouti sur la mise en exergue d’un certain nombre de priorités.
L’on mentionne principalement l’intensification des pressions exercées sur les infrastructures scolaires, ainsi que des accès insuffisants aux services de garderie et de petite enfance.
Ces difficultés, l’Association des municipalités bilingues du Manitoba (AMBM), l’explique en partie par la croissance démographique observée.
Au cours des deux derniers recensements, les 16 municipalités bilingues (dont Winnipeg) indiquent une hausse moyenne de 8 % de leur population. La moyenne provinciale, elle s’élève à 5 %.
« Le message était clair de la part des membres de l’AMBM », nous dit Justin Johnson, chef de la direction de l’AMBM.
« Nous avons besoin de l’appui du gouvernement pour renforcer nos infrastructures publiques pour maintenir et garantir une qualité de vie au sein de nos collectivités rurales. »
Dans un communiqué de presse publié par l’AMBM, l’on fait état de plusieurs écoles dans les régions ayant atteint leur capacité maximale en matière de population. Parmi les municipalités mentionnées, l’on trouve la Ville de Sainte-Anne, le village de Saint-Pierre-Jolys ainsi que La Broquerie, où les résidents souhaitent voir, semble-t-il, la création d’une école secondaire.
Or, Justin Johnson précise que les écoles dont il est question ne relèvent pas de la Division scolaire franco-manitobaine (DSFM).
L’on sait par exemple que la DSFM inaugurait l’agrandissement de l’école Saint-Joachim, au mois de novembre 2025 à La Broquerie.
« L’école Saint-Joachim est un indicateur de vitalité de la communauté francophone du village. Il s’agit d’un projet distinct, les résidents ont exprimé leur besoin de l’élargissement de l’école Arborgate. »
L’école d’immersion de Sainte-Anne, elle, est « pleine à craquer ».
Côté DSFM
Toutefois, du côté de la DSFM, qui n’a pas fait partie de la table ronde, les priorités en matière d’immobilisation se trouvent ailleurs.
Dans son plan quinquennal de 2027 à 2032, la DSFM classe en tête de ses priorités la construction d’une nouvelle école à Brandon, dont l’ouverture est prévue pour le mois de septembre 2028.
« La ministre est bien au fait de nos priorités », indique Bernard Lesage, président de la Commission scolaire franco-manitobaine (CSFM).
« Pour ce qui a trait aux nouvelles écoles, les prochaines priorités sont l’école de métiers, mais aussi un programme pour les enfants avec des besoins particuliers et enfin une nouvelle école à Niverville. »
La DSFM est aussi en attente d’agrandissements majeurs, à l’école Saint-Boniface d’abord, puis pour le Centre scolaire Léo-Rémillard.
« On a déjà trois ou quatre portatives et on sait désormais que les enfants de l’école Passage des Hivernants feront leur secondaire à Léo Rémillard et nous sommes déjà à capacité. »
La pression sur les infrastructures est donc une réalité pour la DSFM aussi, mais Bernard Lesage rappelle le besoin de prioriser, « on sait que le gouvernement ne va pas nous construire tout ce dont on a besoin d’un coup de baguette magique ».
La question de la petite enfance
C’est un autre des points soulevés par les municipalités. Un accès qui demeure insuffisant et constitue « l’une des préoccupations les plus pressantes », avec, par exemple, plus de 140 enfants sur liste d’attente à Saint-Pierre-Jolys selon l’AMBM.
Sur la question de la petite enfance, Bernard Lesage rappelle que la DSFM travaille de près avec le ministère pour l’obtention de garderies rattachées à ses écoles.
Et là aussi, la division scolaire francophone a une liste de priorités.
« On cherche à agrandir Roméo-Dallaire et pour avoir une garderie à l’école de Saint-Lazare. »
Initiative de journalisme local

