Avec Jaider CABARCAS.
C’est lors d’une rencontre de la Chambre de commerce de Winnipeg qu’Evan Solomon, ministre de l’Intelligence artificielle et de l’Innovation numérique et ministre responsable de l’Agence fédérale de développement économique pour le Sud de l’Ontario, a fait cette annonce au nom d’Eleanor Olszewski, ministre de la Gestion des urgences et de la Résilience des communautés et ministre responsable de Développement économique Canada pour les Prairies (PrairiesCan).
Avec cette annonce, le Conseil du secteur de la construction du Manitoba Inc. obtient 1 140 000 $, Aryval Ltd. reçoit 500 000 $, ConstructionClock Inc., 471 352 $, ExpensePoint, 2 319 784 $, mode40 ltd., 800 000 $ et Taiv Inc. a 5 000 000 $.
Le ministre Evan Solomon explique comment ces organismes et entreprises ont été sélectionnés.
« Cela s’inscrit dans le cadre de notre initiative régionale en matière d’IA visant à garantir que nous soutenons les entreprises locales qui emploient des Canadiens, qui développent ici leur propriété intellectuelle et créent des emplois ici, qui postulent à des programmes spécifiques dont elles ont besoin pour utiliser et adopter des technologies afin de développer leur activité, leur productivité, mais aussi pour s’assurer qu’elles puissent rester et se développer ici.
« Ainsi, parmi ces six entreprises, certaines sont assez importantes, comme Taiv, et connaissent une croissance très rapide. D’autres en sont à un stade plus précoce. »
Evan Solomon a indiqué qu’il y aura « d’autres annonces dans l’avenir » pour d’autres compagnies.
Une occasion à saisir pour le Manitoba
Si par rapport aux autres pays de l’OCDE le Canada demeure en retard sur le développement de l’IA, Loren Remillard, président de la Chambre de commerce de Winnipeg, pense qu’il y a une occasion pour le Manitoba d’être un leader canadien dans ce domaine.
« Nous avons certes un retard à rattraper, mais nous avons aussi l’occasion de faire un véritable bond en avant ici, au Manitoba. Notamment dans le domaine de l’agriculture. Nous sommes déjà un leader agricole à part entière. Si l’on y ajoute l’IA, nous pouvons faire bien plus que simplement nourrir le monde.
« Nous pouvons montrer la voie au monde entier en utilisant l’IA pour y parvenir. De même, les biosciences et les sciences de la vie constituent un autre domaine prometteur.
« Lors de notre table ronde, le ministre a évoqué l’exploitation minière. En tant que haut lieu de l’exploitation minière, nous devons être en mesure de mieux intégrer l’IA dans ces activités. »
Selon des données du gouvernement fédéral, ce financement permettra de créer plus de 170 emplois au Manitoba et d’aider 35 PME de divers secteurs, notamment l’agriculture, la construction, la fabrication, la publicité et les services de soutien.
Entre innovation et préoccupations
Bien que le gouvernement fédéral fait du développement de l’Intelligence artificielle au Canada une priorité, ces efforts peuvent paraître contradictoires avec les mesures du gouvernement provincial de Wab Kinew. Le ministre Solomon n’a pas voulu commenter les décisions du gouvernement provincial, notamment celles concernant le centre de données d’Île-des-Chênes. « Je reconnais, comme le Manitoba l’a fait, qu’il y a des vraies préoccupations autour du développement de l’IA. Les gens sont inquiets de l’utilisation de l’eau et de l’énergie, ils sont inquiets des impacts sur les salariés et de la création d’emploi, je peux comprendre tout cela, a affirmé le ministre Evan Solomon. Mais je ne commenterais pas les décisions du Premier ministre Kinew. »
Selon lui, il est tout de même important de bâtir des centres de données au Canada. « Une des infrastructures dont nous avons besoin, c’est les centres de données. Nous avons le choix, nous pouvons les construire ici, au Canada, ou nous devrons les acheter ailleurs. C’est ça le choix. Soit on construit ici et on impose nos règles, ou nous suivons les règles de quelqu’un d’autre. »
En matière d’intelligence artificielle, la volonté du gouvernement provincial de bannir les plateformes conversationnelles et génératrices de texte pour les moins de 16 ans a également fait réagir. Questionné à ce sujet, le ministre Evan Solomon a affirmé partager les craintes du gouvernement Kinew. « Pour les plateformes conversationnelles, on a une responsabilité de protéger nos jeunes. Les compagnies doivent être responsables et imputables des dommages possibles, c’est une de nos préoccupations à Ottawa également. » C’est un enjeu qui a émergé en février dernier, suite à la fusillade dans une école à Tumbler Ridge, en Colombie-Britannique. « C’est définitivement un problème légal qui ne résoudra jamais la tragédie que ces familles ont vécu, affirme le ministre. Quand ça s’est passé, j’ai parlé au PDG d’OpenAI pour m’assurer de leur transparence pendant l’enquête. »
Il souligne également qu’ils travaillent constamment en partenariat avec les représentants de la province. « Je suis en contact étroit avec Mike Moroz mon homologue en matière de technologie. En fait, juste avant de venir ici ce matin, j’ai eu une discussion intéressante avec lui », a affirmé le ministre.

