Accéder aux soins de santé n’est pas toujours simple pour les nouveaux arrivants au Canada. Les barrières linguistiques et sociales, ainsi qu’une connaissance limitée du fonctionnement du système de santé, peuvent les empêcher d’obtenir les soins dont ils ont besoin.

Santé en exil, le nouveau documentaire de Ninis Productions, vise précisément à mettre en lumière ces enjeux.

Ce film a été conçu par la productrice Alice Teufack, originaire du Cameroun mais installée à Winnipeg depuis trente ans. Très impliquée auprès de la communauté des nouveaux arrivants, elle trouve que les défis de santé auxquels ils sont confrontés passent souvent inaperçus.

« Le système est très différent des systèmes de santé de leur pays d’origine, et souvent leur santé empire parce qu’ils ne le connaissent pas. Le documentaire vise à partager ce que je vois autour de moi, et de mettre en lumière les questions que je recevais de nouveaux immigrants », dit-elle.

Josiane Blanc et Chrystelle Maechler, deux scénaristes de Winnipeg, ont été choisies pour réaliser ce projet ensemble, lorsqu’Alice Teufack assurera la production.

L’équipe de production de Ninis Productions, la compagnie de production d’Alice Teufack basée à Winnipeg, a envisagé plusieurs approches pour ce film. Elle a notamment songé à aborder plus directement les enjeux de discrimination dans le système de santé ou encore à expliquer son fonctionnement aux personnes qui connaissent moins bien les démarches à suivre.

Enfin, la décision a été prise pour mettre en lumière des histoires actuelles des personnes confrontées à ces difficultés et ce dont elles ont besoin pour les surmonter.

Selon Alice Teufack, cette approche a été retenue puisqu’elle offrait davantage de matière pour réaliser le documentaire, tout en permettant de faire connaître des témoignages personnels inconnus jusqu’à maintenant.

Amber O’Reilly, la recherchiste du projet, élabore sur ce point. « À toutes les étapes, l’immigration est un effort. Ça prend de l’énergie pour s’adapter. Le système de santé est très complexe à comprendre et à naviguer, surtout si on a besoin de services en français. Et souvent, ça revient à nous de trouver des solutions pour aller mieux.

« On veut vraiment illustrer cela pour les spectateurs, qu’ils soient des immigrants ou non, et les sensibiliser aux réalités actuelles d’immigration. »

La recherche pour ce documentaire a commencé il y a deux ans, avec l’objectif de retrouver trois personnes à travers le Canada pour partager leurs histoires et leurs défis de santé en tant que nouveaux arrivants.

Les exemples donnés de ces types d’enjeux incluent des changements liés au mode de vie, comme une routine plus sédentaire, une alimentation différente, des carences en vitamine D et le diabète. Des problèmes de santé physique attribuables au stress ou à la charge de travail font aussi partie de cette recherche.

Un appel à participants

Alice Teufack précise qu’un participant est confirmé pour le moment, et environ cinquante propositions ont été faites à l’équipe de production.

Malgré ce chiffre, elle explique que l’équipe se concentre actuellement sur quelques critères clés, notamment les personnes vivant hors Québec, et qui n’ont pas les mêmes défis que le participant déjà confirmé.

De plus, l’actualité des enjeux demeure toujours une priorité, ainsi que la date récente de leur arrivée au Canada.

« Afin d’éviter des redondances, on aimerait trouver des personnes qui vivent ces histoires en ce moment, tandis que plusieurs des propositions qu’on a reçues proviennent de personnes qui ont déjà surmonté ces défis », ajoute-t-elle.

Étant donné que le premier participant est originaire d’Europe, Amber O’Reilly précise davantage que l’équipe souhaite s’entretenir maintenant avec des francophones d’Afrique, du Maghreb, d’Amérique latine, des Caraïbes ou d’Asie. Ces participants doivent être des immigrants et non des réfugiés.

Toutefois, le documentaire entrera en production à la fin de l’été. L’équipe s’appuiera sur deux des nombreuses propositions déjà reçues, indépendamment de leur actualité à ce stade, si elle ne parvient pas à réunir les participants envisagés initialement.

Les personnes intéressées peuvent consulter les réseaux sociaux d’Amber O’Reilly afin d’accéder au questionnaire du projet.