Le professeur Guido Simonelli et son équipe de recherche au Département de médecine de l’Université de Montréal ont mené une étude avec 22 hockeyeurs d’élite canadiens (les Remparts de Québec, âgés de 17 ans en moyenne).

Durant un protocole de 3 semaines en pré-saison, les joueurs ont alterné entre deux conditions : une nuit de sommeil normale (environ 7 heures de sommeil réel) et une nuit d’extension de sommeil (10 heures de temps prescrit au lit, obtenues en se couchant plus tôt).

Cet allongement a été obtenu en avançant l’heure du coucher (20h52 contre 22h09 en moyenne), l’heure du réveil restant identique (entre 6h42 et 6h46). 

Le lendemain, les joueurs ont subi une journée de test intensive : 2 heures d’entraînement de hockey sur glace, suivies d’une tâche cognitive épuisante de 30 minutes (le cMSIT) conçue pour saturer leur contrôle inhibiteur et fatiguer leur cortex cingulaire antérieur (la zone du cerveau qui gère l’effort et la fatigue).

Certains des résultats de cette étude scientifique ont mis de l’avant l’impact d’une seule nuit de sommeil supplémentaire.

Il a été observé que la fatigue ressentie a diminué de 23 % après la nuit d’extension du sommeil et les athlètes ont été 8 % plus rapides pour résoudre des conflits attentionnels complexes sans perdre en précision.

Néanmoins, certains éléments sont restés identiques comme la force de préhension (handgrip), la hauteur du saut vertical et la vigilance de base sur un test très court.

« La durée de la tâche semble jouer un rôle déterminant. Une tâche cognitive de 30 minutes met à l’épreuve l’endurance mentale, ce qu’une tâche de 3 minutes ne fait pas, et c’est probablement pour cette raison que les effets du sommeil prolongé se manifestent surtout dans ce type d’épreuve plus long », a notamment commenté Guido Simonelli.

Le sommeil, un des facteurs de performance

Mario Gagnon, 20 ans, est le capitaine des Habs de la Broquerie. Pour lui, un sommeil de qualité est l’une des clés de la réussite sur la glace.

« Pendant la saison, j’essaie de garder ma moyenne de sept à huit heures de sommeil à chaque nuit. Puis, j’essaie de venir tôt avant les jeux pour prendre une sieste de 30 minutes à 1 heure. Ça améliore mes performances », dit celui qui a été élu joueur le plus utile de la saison 2025-2026 de la Capital Region Junior Hockey League.

En revanche, il confie qu’aller jusqu’à 10 heures de sommeil, comme cela a été étudié dans l’analyse de l’Université de Montréal, semble difficile à réaliser avec ses autres activités de la semaine.

De manière générale, le sommeil est l’un des éléments qui font partie de sa routine pour avoir une bonne récupération et être performant à l’année longue.

« Je me garde actif. Par exemple, la journée d’un jeu, je vais prendre 10 à 15 minutes sur une bicyclette pour m’exercer et mettre en mouvement mon corps. »

Les Habs, champions en titre, peuvent aussi compter sur une kinéthérapeute sportive qui soutient les joueurs pendant les pratiques et les jours de match. « Elle est toujours là pour nous aider selon nos problèmes », lance Mario Gagnon.

En pleine préparation pour la nouvelle saison qui s’en vient, Mario Gagnon parle du niveau de physique des joueurs. Selon son expérience, son pic de performance physique arrive au fur et à mesure.

« Un mois et demi après le début de la saison, c’est là qu’on est en bonne position. Donc, environ avant Noël, c’est là que je me sens à mon meilleur. »

Les Habs s’en vont à Beausejour ce 27 septembre pour leur premier match de la saison régulière.