Par Simon LAPLANTE.

Un reportage récent de la CBC en Alberta nous apprend que de plus en plus d’enseignants de cette province refusent de rencontrer certains parents sans la présence de la direction scolaire.

En effet, ces enseignants se disent souvent être victimes d’abus verbal, d’intimidation, de colportages médiatiques et communautaires contre leur réputation de la part d’un nombre croissant de parents et membres de la communauté.

Au Canada, près 40 % de nos éducatrices et éducateurs quittent la profession dans les cinq premières années de leur carrière à cause, entre autres, des comportements complexes et parfois violents de nombreux enfants et le manque absolu de soutien et de respect de la part de plus en plus de parents. Depuis quand est-il devenu acceptable d’attaquer publiquement et ouvertement la réputation de nos enseignants?

Ces derniers ont la responsabilité de maintenir un environnement sécuritaire pour tous leurs élèves. Ils ont la responsabilité d’initier les enfants à la diversité humaine selon les directives du ministère de l’Éducation. Ils ont finalement la responsabilité d’engager leurs élèves dans des apprentissages qui préparent ces derniers à vivre dans un monde complexe. Dans ces processus, des erreurs sont parfois commises, des conflits de valeurs émergent. En aucun temps cela ne justifie les abus verbaux de plus en plus nombreux au sein de nos communautés envers nos éducateurs et directions scolaires.

Comme parents et communautés, nous avons la responsabilité de démontrer les comportements que nous désirons chez nos enfants. Nos enseignants sont précieux et importants dans la vie de nos enfants. Critiquer un enseignant ou une direction scolaire pour les difficultés d’un enfant ou sur le contenu d’une leçon n’améliore pas la situation. Un dialogue respectueux, basé sur des solutions et non des émotions, permettra à l’enfant de grandir dans un environnement ou parents et enseignants travaillent main dans la main pour son bien-être. Dans ce contexte, nos parents ne devraient jamais critiquer ouvertement l’enseignant devant leurs enfants et, vice versa, les éducateurs ne devraient jamais critiquer les parents devant leurs collègues. Ce respect est essentiel.

Des organisations, politiciens et influenceurs médiatiques tentent de nous convaincre que nos écoles sont corrompues, que nos éducateurs transmettent des valeurs dangereuses pour nos communautés. Certains groupes de parents insistent pour que l’école ne transmette que certaines idéologies en lien avec leurs croyances religieuses ou politiques. Rien de tout cela ne correspond à la réalité de nos écoles.

Nos éducateurs sont redevables aux priorités du ministère de l’Éducation qui en retour est redevable au gouvernement. Avant de remettre en question pourquoi un enseignant ou une équipe scolaire promeuvent l’inclusion, la diversité, le respect des différences, la réconciliation, un parent, qui ne soutient pas ces initiatives, aurait intérêt à consulter le site Web du ministère de l’Éducation et Apprentissage de la petite enfance du Manitoba et consulter les documents et ressources sur ces sujets.