Menée au printemps 2026 auprès de 1 500 adultes par téléphone et de 1 502 panélistes en ligne, cette étude du Commissariat aux langues officielles intervient 10 ans après sa première enquête quinquennale et est menée tous les cinq ans.

Ce nouveau suivi brosse un portrait à la fois encourageant et révélateur d’une société traversée par la dualité linguistique.

Au cœur du rapport, la Loi sur les langues officielles recueille l’appui de 89 % des répondants au téléphone, dont 60 % se disent fortement favorables, en hausse de quatre points depuis 2021, et de 81 % en ligne.

Un soutien fort à la Loi sur les langues officielles

Ce soutien traverse toutes les régions, atteignant au téléphone 92 % au Québec et en Atlantique, 91 % en Ontario, 87 % en Colombie-Britannique et dans les territoires, 79 % au Manitoba et en Saskatchewan, et 77 % en Alberta.

Pour la commissaire Kelly Burke, ces données témoignent d’un attachement profond : « Nos langues officielles sont ancrées dans l’histoire du Canada. Elles sont au cœur de notre culture et de notre identité nationale, de même que de notre avenir en tant que pays où les deux langues officielles sont valorisées de manière égale », a-t-elle commenté dans une vidéo.

La divergence linguistique est cependant marquée : 94 % des francophones s’opposent à toute atteinte à la Loi, contre seulement 78-89 % des anglophones.

Par ailleurs, l’édition 2026 du sondage a intégré plusieurs nouvelles questions visant à explorer le lien entre les langues officielles, l’identité nationale, l’économie, la culture, ainsi que la perception de nouvelles réalités juridiques et technologiques

On apprend, par exemple, qu’une vaste majorité de la population estime que le français et l’anglais sont importants pour l’identité nationale du Canada (87 % au téléphone, 77 % en ligne).

Et, que la présence de ces deux langues officielles contribue à sa fierté d’être canadienne ou canadien (75 % au téléphone, 65 % en ligne).

« Clairement, la situation sans précédent dans laquelle se trouve notre pays – en particulier le conflit commercial avec les États-Unis – a rappelé à la population que le français est un outil de souveraineté puissant pour le Canada », souligne la présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada, Liane Roy.

Consensus en éducation

Aussi, la majorité des répondants conviennent qu’avoir le français et l’anglais comme langues officielles aide à diversifier l’économie canadienne au-delà de l’Amérique du Nord (80 % au téléphone, 72 % en ligne).

De plus, une forte majorité souhaite que le gouvernement fédéral soutienne davantage la diffusion d’œuvres artistiques et culturelles canadiennes dans les deux langues (76 % au téléphone, 60 % en ligne).

En matière d’éducation, le consensus est quasi-unanime.

L’appui à l’enseignement du français et de l’anglais dans les écoles primaires reste extrêmement fort et enregistre une légère hausse au téléphone, passant de 89 % en 2016 et 91 % en 2021 à 93 % en 2026.

En ligne, il se chiffre à 84 % en 2026 (contre 86 % en 2021 et 81 % en 2016).

À noter également que les programmes d’échange (86 %), des efforts accrus pour le bilinguisme des jeunes (84 %) et de nouvelles places en immersion sont plébiscités.

Sur ce dernier sujet, 79 % des répondants au sondage téléphonique et 67 % de ceux au sondage en ligne estiment que les gouvernements des provinces et des territoires devraient offrir de nouvelles places dans les programmes d’immersion.

Des perceptions erronées persistent

Le sondage en ligne proposait une série d’énoncés d’évaluation des connaissances factuelles. Il a été observé que plusieurs perceptions erronées demeurent ancrées.

79 % des répondants croient à tort que tous les bureaux fédéraux doivent offrir des services dans les deux langues d’un océan à l’autre (alors que cela s’applique uniquement lorsque la demande le justifie ou dans des bureaux désignés).

38 % pensent faussement qu’il faut obligatoirement être bilingue pour travailler dans la fonction publique fédérale.

L’exposition aux deux langues officielles révèle aussi une certaine asymétrie.

59 % des Francophones interagissent régulièrement avec des Anglophones, contre seulement 21 % pour les Anglophones exposés aux Francophones.

Et, en matière de médias, 66 % des francophones utilisent les médias en français, contre 13 % des anglophones, et 87 % des francophones sont exposés aux médias anglais contre 13 % des anglophones exposés au français.

« Être bilingues, en français et en anglais, nous rend plus forts et plus résilients, individuellement et collectivement », souligne Kelly Burke, avant de prévenir : « Mais nous ne pouvons pas tenir nos langues officielles pour acquises. Nous devons continuer à bâtir notre avenir comme pays bilingue avec intention. Pour atteindre cet objectif ensemble, apprenons nos langues officielles et utilisons-les régulièrement. »