La Semaine éducation médias et la Journée de la citoyenneté numérique, le 28 octobre, abordent des défis technologiques grandissants.
Selon Statistique Canada, quatre Canadiens sur cinq sont exposés à la désinformation en ligne.
De plus, 47 % des citoyens distinguent plus difficilement le vrai du faux qu’il y a trois ans.
En 2025, Marc-Alexandre Ladouceur, spécialiste en éducation aux médias chez HabiloMédias, conseillait de programmer positivement son algorithme.
Il recommandait aussi de cultiver l’empathie en ligne pour assainir son environnement numérique. En 2026, Marc-Alexandre Ladouceur estime que cette approche individuelle ne suffit plus.
« Il faudrait ajouter qu’au niveau de la citoyenneté numérique, on veut aussi s’outiller pour savoir comment répondre de façon saine à la désinformation. », dit-il.
Le spécialiste invite chacun à prendre trente secondes pour vérifier la source originale d’une information et signaler, dans le cas nécessaire, ces publications trompeuses aux plateformes numériques.
« Il suffit d’aller plus loin que de juste ignorer le contenu désinformant, il faut aussi savoir le rapporter aux plateformes », précise Marc-Alexandre Ladouceur.
Parallèlement, l’essor de l’intelligence artificielle complique le travail de vérification au quotidien.
« Avec l’intelligence artificielle, c’est tellement facile de générer du contenu trompeur », observe Marc-Alexandre Ladouceur.
HabiloMédias sensibilise désormais le public aux arnaques en ligne utilisant l’intelligence artificielle pour cloner des voix.
Pour Marc-Alexandre Ladouceur, la mésinformation impacte la confiance.
« C’est toujours l’enjeu de confiance, ce l’était il y a 10 ans, ce l’est encore aujourd’hui. La raison que je dis ça, c’est parce que le but de la mésinformation a toujours été non pas de convaincre quelqu’un de ce qui est faux, mais de le convaincre que l’information juste n’existe pas, de guider vers le cynisme. »
Il recommande de ne plus se fier uniquement à son regard face aux images. En cas de doute sans vérification, Marc-Alexandre Ladouceur conseille d’attendre avant de partager un contenu.
En cet automne électoral d’un bout à l’autre du pays, Marc-Alexandre Ladouceur juge « impossible d’éviter la désinformation et la mésinformation » sur les réseaux sociaux.
Pour garder confiance, il conseille de privilégier des sources journalistiques reconnues qui assument leurs erreurs.
« C’est-à-dire qu’une source qui n’a jamais publié de correction, surtout si elle se dit journalistique, a peut-être moins de chances d’être une source fiable que celle qui a osé dire : on s’est trompé, voici la correction », souligne Marc-Alexandre Ladouceur.
« Ce n’est que responsable que de publier des corrections dans ce temps-là, ou de faire des rétractations », ajoute-t-il.
D’autre part, 78 % des moins de 35 ans s’informent sur les médias sociaux selon Statistique Canada.
Or, le blocage des nouvelles professionnelles sur certaines plateformes comme l’a fait le groupe Meta au Canada peut tendre à réduire l’information sur les réseaux sociaux.
Alors, comment faire pour rejoindre ces jeunes populations? « C’est un dilemme quasiment en soi », lance Marc-Alexandre Ladouceur.
« Au plus, on peut aller chercher peut-être une capture d’écran avec un titre accrocheur, mais voilà, à chaque fois qu’on se fie à des titres accrocheurs pour nos informations, on manque le reste de l’histoire », observe-t-il.
Pour le représentant d’HabiloMédias, qui célèbre ses 30 ans cette année, les jeunes vont alors plus se rapprocher de certaines personnes autour d’eux pour avoir de l’information.
« Ça veut dire qu’ils vont compter sur leurs pairs, ils vont compter sur leurs proches, ils vont compter sur les personnalités parasociales qu’ils suivent pour leurs informations.
« Et c’est là que c’est important de pouvoir faire cette vérification. Si je fais confiance à mes paires, mes paires me font confiance. Or, avant de republier quoi que ce soit, je dois vérifier », insiste-t-il.
Enfin, concernant l’interdiction des réseaux sociaux avant 16 ans, Marc-Alexandre Ladouceur juge indispensable d’accompagner la loi par l’éducation.
« Les jeunes continuent de trouver des moyens d’aller sur les réseaux sociaux, et l’interdiction fonctionne jusqu’au point où quelqu’un est d’accord de se laisser interdire l’accès aux réseaux sociaux », conclut Marc-Alexandre Ladouceur.


