Chaque année, la Nuit Blanche fait briller Winnipeg grâce à de nombreuses installations lumineuses et animées. La soirée artistique du 26 septembre est l’occasion de découvrir les quartiers de la ville et de s’amuser avec des œuvres d’arts visuels interactives.

À Saint-Boniface, elle brillera tout aussi fort, avec sa programmation artistique et une exposition phare : une série de trous de mini-golf dispersés tout le long et près du boulevard Provencher.

Une dizaine de trous seront installés à travers le quartier, chez différents organismes artistiques et culturels francophones, dont la plupart présentent aussi leur propre programmation pour la soirée.

Trois d’entre eux prendront place au Théâtre Cercle Molière (TCM), sous le pont, entre le théâtre et le Centre culturel franco-manitobain (CCFM).

Trois autres seront installés dans le Jardin des sculptures de la Maison des artistes visuels francophones (Maison des artistes), un aux bureaux de la Fédération des parents de la francophonie manitobaine et un à la Bibliothèque de Saint-Boniface. Le Conseil jeunesse provincial et Sport en français auront chacun un trou au Parc Provencher, plus un trou de pratique.

Parcours artistique et participatif

« L’idée est que le monde vient nous rendre visite pendant leur séjour à Nuit Blanche pour jouer quelques parties de golf », explique Charlotte Gacougnolle, responsable de la médiation culturelle et du développement des publics scolaires et communautaires du TCM.

« Ça va vraiment être vivant à partir du pont jusqu’ici », se réjouit-iel. « D’une certaine manière, Saint-Boniface devient son propre terrain de mini-golf. »

Selon iel, ce concept d’exposition découle d’une volonté de faire le lien entre la Nuit Blanche — un évènement auquel le TCM participe officiellement depuis près de cinq ans — et la programmation du théâtre, afin de mieux promouvoir les spectacles à venir.

Dans ce cadre, l’équipe a décidé de poursuivre une idée qui mettra les participants dans les pieds des personnages des Fourberies de Scapin, premier spectacle de sa 101e saison en octobre.

Cette pièce de Molière, adaptée pour un public moderne, n’impose aucune mise en scène, ce qui a permis à Marie-Ève Fontaine, directrice artistique du TCM et metteure en scène, de la placer sur un terrain de mini-golf.

Charlotte Gacougnolle donne du contexte : « On s’est donc dit que le mini-golf, en fait, ça rejoignait pas mal l’esprit de Nuit Blanche, et l’idée des installations auxquelles les gens peuvent participer. »

Ces trois trous phares, ainsi que les trois autres de la Maison des artistes, ont été conçus et construits par l’artiste Adeline Danjou.

Charlotte Gacougnolle souligne que chacun a été réalisé avec des matériaux recyclés et réutilisés, afin de « se conformer à l’initiative d’écoresponsabilité du TCM ».

« J’ai vraiment laissé carte blanche à l’artiste. On voulait vraiment que ça vienne un petit peu d’elle, car elle fait beaucoup d’ouvrages en lien avec la récupération. Donc, elle a pris quasiment que des choses qui ont été récupérées, et s’est servie d’anciennes portes, des sortes de tringles, des objets comme tels. »

Bien que ce ne soit pas iel qui ait eu l’idée de l’exposition, iel se dit fier d’avoir coordonné pour la première fois la communication avec les organismes francophones du quartier, afin que les trous soient dispersés le plus possible dans Saint-Boniface.

Dans ce contexte, les trous de mini-golf serviront surtout de points de relais entre les différentes activités artistiques de la soirée. La Promenade Brasserie, la Bibliothèque, le Musée de Saint-Boniface, le TCM, le CCFM, la Maison des artistes et la Cathédrale proposeront tous des programmes au fil de la soirée.

Pour consulter la programmation de la soirée à Saint-Boniface, une carte est disponible sur les sites web du TCM et de la Maison des artistes.

Cartographie de rencontres

Cette édition de Nuit Blanche verra également le lancement de RELIER : rencontres écrites du réseau des arts visuels de la francophonie canadienne, à la Maison des artistes visuels francophones (Maison des artistes).

Publié par l’Association des groupes en arts visuels francophones (AGAVF), ce magazine rassemble les voix d’artistes des communautés francophones en situation minoritaire et fait ressortir leurs réflexions sur l’art, issues des ateliers d’écriture organisés par l’association.

« Ça touche à des pratiques artistiques qui sont un peu partout au Canada, dans la francophonie canadienne hors Québec », explique Véronique Leblanc, codirectrice générale de l’AGAVF.

La couverture du magasine RELIER : rencontres écrites du réseau des arts visuels de la francophonie canadienne.
La couverture du magasine RELIER : rencontres écrites du réseau des arts visuels de la francophonie canadienne. (photo : gracieuseté)

Elle sera à Winnipeg pour le lancement, ainsi que pour l’exposition Cohésion, présentée à la Maison des artistes pendant la soirée.

« Il y en a qui parlent un petit peu plus des institutions. Il y en a qui décrivent les pratiques artistiques uniques et nouvelles. Ici, plus localement, il y en a qui touchent également la communauté artistique. La dessinatrice Zoé Fortier aborde également les problèmes systémiques que peuvent rencontrer les artistes franco-prairiennes. »

Parmi ses pages, l’on retrouver notamment un texte signé Lou-Anne Bourdeau, directrice générale de la Maison des artistes, sur les liens entre les parents et leurs enfants. Elle l’a écrit avec son fils, ce qui, selon Véronique Leblanc, renforce ce thème.

Le magazine sera en vente à la Maison des artistes dès le 26 septembre à 18 h.